Sorties ciné gay

Publié le 2 Avril 2014

Sorties ciné gay

« Eastern Boys »
Daniel (Olivier Rabourdin), la cinquantaine, drague Marek, un jeune ukrainien gare du nord à Paris. Mais quand il le reçoit chez lui le lendemain, le jeune homme débarque avec une bande qui le dévalise. Marek, va pourtant ensuite s’incruster peu à peu dans la vie de Daniel. Une relation que Boss, le leader de la bande de jeunes à laquelle appartient Marek, verra d’un très mauvais œil…

Construit en 4 chapitres, qui rythme ce thriller acéré, Eastern Boys sait à la fois être un miroir cru sur la prostitution, la délinquance banalisée et violence et le choc entre richesse et misère. Tout en tissant, presque à contre cœur, une love story âpre et tourmentée. On connaissait le talent de Olivier Rabourdin. Il trouve face à lui le jeune Kirill Emelyanov, tour à tour prédateur ou enfantin, chasseur ou proie, désarmant de complexité et de mystères. Le chef de bande, incarné par le très martial Danil Vorobyev, est magnétique entre charme et violence incontrôlée.

On notera une magnifique photographie signée par la très grande Jeanne Lapoierie.

Un film de Robin Campillo avec Olivier Rabourdin, Kirill Emelyanov et Danil Vorobyev. Drame. 2 h 08

« Pelo malo, cheveux rebelles »
Rares sont les films vénézuéliens à sortir sur les écrans français. Et celui-ci Pelo Malo (« méchants cheveux »), le troisième long-métrage de la cinéaste Mariana Rondon, raconte d’abord l’histoire de Junior, un enfant d’une dizaine d’années qui tente d’exister dans un monde qui ne lui témoigne guère d’intérêt. Il a 9 ans, vit très modestement à Caracas avec sa mère et son frère de 2 ans. Junior a les cheveux frisés de son père. Il voudrait avoir les cheveux lisses de sa mère. Une fixation que sa mère, qui l’aime et comprend la dureté de la société machiste qui l’entoure, ne comprend pas. Sentant que son fils est… différent.

On pense ici à Ma vie en rose ou à Tomboy, mais Pelo Malo tranche avec cette opposition entre une mère et son fils, incarné par le bien nommé Samuel Lange. Quand elle avait reçu la récompense suprême au dernier festival de San Sebastian, la réalisatrice Mariana Rondon avait présenté Pelo Malo comme une critique de «l’homophobie et de l’intolérance ». «J’ai fait ce film pour soigner mon angoisse à la vue de tant d’intolérance. Penser différemment, être différent, ce n’est pas un problème. Au contraire, c’est ce qu’il y a de plus beau dans l’être humain, surtout quand il va à la rencontre des autres». On ne peut pas trouver meilleur argument pour voir son film.

Un film de Mariana Rondon avec Samuel Lange, Samantha Castillo. Drame. 1 h 33

source tétu

Rédigé par Michael

Publié dans #cinéma gay

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