Sortie ciné "The smell of us"

Publié le 14 Janvier 2015

Sortie ciné "The smell of us"

Le 12e long métrage de Larry Clark, photographe et réalisateur américain de près de 72 ans, The Smell of Us, pourrait être le premier d’un jeune réalisateur underground. C’est dire quelle fraîcheur et quelle liberté de ton s’en dégagent. Grand Prix au dernier festival Chéries-Chéris, The Smell of Us s’ouvre sur une séquence saisissante où l’on voit de jeunes skaters s’entrainer au Trocadéro avec comme obstacle le corps d’un vieux SDF.

Comme dans tous les films de Larry Clark, les corps dénudés de filles et surtout de garçons adolescent.e.s peuplent l’écran. Des visages d’anges aussi, mais des anges désœuvrés de bonne famille, qui se filment pour internet, skatent, boivent beaucoup, se droguent aussi, font l’amour. Et pour certains se «font du cash» en devenant escorts pour dames et messieurs d’âge mur. «J’ai pas le choix, je dois faire des thunes», dit l’un d’eux. Le film est ponctué par de nombreuses scènes de sexe, ce qui lui vaut une interdiction aux moins de 16 ans. On a rarement filmé aussi précisément le fuck bore, lorsque l’un des partenaires s’ennuie pendant l’amour. Vingt ans après Kids, déjà un film sur des jeunes, Larry Clark parvient, avec The Smell of Us, à renouveler son propos, mélangeant toujours documentaire et fiction dans une alchimie unique et fascinante.

Grand amateur de rock, Larry Clark soigne aussi la musique dans son film. Bob Dylan, jazz, Cab Calloway ou simple chanteur des rues, de nombreuses scènes sont accompagnées voire construites autour d’un morceau, d’une chanson.

C’est peut-être un réalisateur de 70 ans qui réussit le mieux à capter l’énergie et la vacuité, l’innocence et le cynisme, l’absence d’idéal mais aussi le besoin d’amour de cette jeunesse dorée des beaux quartiers.

Publié par Christophe Martet pou yagg

Rédigé par Michael

Publié dans #sorties cinéma

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