Sortie dvd gay "La belle saison"

Publié le 8 Janvier 2016

Sortie dvd gay "La belle saison"

1971. Delphine, fille de paysans, monte à Paris pour s’émanciper du carcan familial et gagner son indépendance financière. Carole est parisienne. En couple avec Manuel, elle vit activement les débuts du féminisme. Lorsque Delphine et Carole se rencontrent, leur histoire d’amour fait basculer leurs vies.

SORTIE EN DVD ET BRD LE 19 JANVIER 2016

BONUS - LA BELLE SAISON, UN FILM EN TANDEM Entretien avec la réalisatrice Catherine Corsini et la productrice Elisabeth Perez (24 min) - SCÈNES COUPÉES (24 min)

Pourquoi avez-vous eu envie de situer LA BELLE SAISON dans les années 70 ?

« J’avais l’envie profonde de rendre hommage aux femmes féministes qui ont souvent été vilipendées, traitées de mal baisées… Moi-même je n’ai pas été une très grande féministe pendant des années, je n’étais pas loin de partager cette image d’elles. Mais je me suis vite rendu compte que beaucoup des acquis sur lesquels je vis aujourd’hui, on les devait à ces femmes qui se sont battues, engagées. Un grand nombre d’entres elles étaient homosexuelles. Grâce à ce mouvement, enfin, elles pouvaient faire entendre leur voix. De fait, les homosexuelles ont beaucoup fait pour l’émancipation des femmes en général. Il y avait une vitalité, une insolence dans le mouvement féministe qui m’a séduite. Je ne vois rien aujourd’hui de comparable. J’ai compris que le féminisme mettait l’humain au centre, et ça a été le grand principe de l’écriture du film. »

Parler du MLF aujourd’hui est encore d’actualité ?

« Aujourd’hui plus que jamais quand je vois le sort des femmes dans le monde. Les femmes doivent se mobiliser car elles restent les premières victimes des états autoritaires. Elles sont toujours des opprimées. Je pense que les révolutions et les changements de demain doivent se faire par les femmes. A l’époque du film, les femmes revendiquaient l’égalité, des salaires égaux à ceux des hommes, « que la femme ne soit pas un objet publicitaire ». Aujourd’hui, c’est toujours la même chose, malgré des avancées, les mentalités n’ont pas suffisamment évolué. On est dans une période de régression terrible et c’est d’une importance vitale d’en prendre conscience et d’agir. Dès que je suis dans une réunion, j’essaye de faire de plus en plus attention à ce que les femmes soient écoutées. Je ne comprends pas pourquoi les femmes font toujours autant peur, pourquoi on les empêche de penser, pourquoi elles n’ont pas les mêmes droits. Pourquoi ? » BONUS – Entretien avec la réalisatrice Catherine Corsini et la productrice Elisabeth Perez / Scènes coupées Au cours de l’entretien en bonus sur les éditions DVD et blu-ray, Catherine Corsini et Elisabeth Perez reviennent sur l’écriture du scénario, le tournage, le travail avec les actrices ainsi que la façon dont elles ont travaillé ensemble. « Avec Elisabeth, il y a beaucoup d’intuition. J’ai aimé son exigence, mêlée à une grande bienveillance. Notre collaboration a également été extrêmement riche, agréable, respectueuse. J’ai l’impression d’avoir vraiment partagé le film avec elle, à toutes les étapes, dans une grande confiance. La Belle Saison est un peu comme un nouveau départ et j’ai essayé de communiquer ce sentiment à toute l’équipe : au début du tournage, je leur avais écrit un petit mot pour leur dire que ce film était très important pour moi car c’était la première fois que je travaillais avec Elisabeth et que je parlais aussi frontalement de l’homosexualité. Ca faisait longtemps que j’avais le désir de raconter cette histoire mais c’est Elisabeth qui m’a poussée à travailler sur ce sujet, qui m’a donné ce courage, qui m’a guidée vers ce film. Je le lui dois complètement. » CATHERINE CORSINI

Et le désir de filmer la liberté des corps ?

« Jouer avec cette nudité faisait presque partie de la logique et de l’écriture de ces années-là. Tout d’un coup on trouvait normal de se montrer nu, d’avoir des poils sous les bras ! Mais bizarrement, ce désir est arrivé tout doucement, en tournant. Au départ, j’avais davantage envie de montrer la beauté des paysages, le travail des champs. J’étais presque plus du côté de la peinture, de Manet… C’est un peu Cécile qui en incarnant Carole m’a amenée vers ça. J’adorais le look qu’on lui avait fait, avec ses cheveux blonds, cette crinière. Et quand on a décidé qu’elle ne porterait pas de soutien-gorge, soudain s’est dessiné le personnage de cette fille parisienne libérée qui a une aisance avec son corps, qui se trimballe nue dans son appartement. Cécile m’a apporté cette liberté que je trouve très belle chez elle et qui correspondait bien au personnage de Carole, cette fille vaillante et sans tabou.»

Rédigé par Michael

Publié dans #dvd gay, #lesbien

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