Sortie ciné gay "La sociologue et l'ourson"

Publié le 3 Avril 2016

La sociologue et l'ourson

Quand des peluches racontent le mariage pour tous

Prenez une spécialiste des métamorphoses de la famille, Irène Théry, faites-la dialoguer avec son fils et... des peluches, vous obtenez un film inventif, drôle et grave, "La sociologue et l'ourson", récit d'un an de débats enflammés autour du mariage homosexuel.

Sortie ciné gay "La sociologue et l'ourson"

En salles mercredi, ce film d'ours en peluche et de protagonistes réels, de François Hollande aux députés ou manifestants, mêle dialogue familial et feuilleton national, avec la voix off d'Irène, discutant des enjeux du projet de loi avec son fils Mathias Théry, coréalisateur de "La sociologue et l'ourson" avec Étienne Chaillou.

Le film des deux trentenaires, ex-élèves des Arts Déco, fait revivre les débats houleux de septembre 2012 à mai 2013, quand la France se déchire sur le projet de loi ouvrant le mariage aux couples homosexuels.

A l'époque, la sociologue Irène Théry est sollicitée par les politiques, les médias, les associations... Lorsque certains crient à la fin de la civilisation, elle démontre que les évolutions de la famille ont du sens, cherche à apaiser les esprits. Tout en la suivant dans son travail, le duo enregistre les conversations téléphoniques entre le fils et sa mère, "à l'insu d'Irène pendant deux mois, pour plus de spontanéité", confie Mathias.

"Quand on lui a dit, elle a trouvé le projet intéressant et accepté d'y participer. Mais nous restions maîtres du film". Les conversations ont ensuite été mises en scène à l'aide de jouets et de peluches. "Les marionnettes nous ont permis de regarder les débats sous un autre angle. Les personnages réels incarnés par les peluches devenaient des symboles, citoyen, enfant, couple homosexuel...".

"C'est comme si on zoomait sur la société, puis qu'on prenait du recul". "Irène se préparait à une année mouvementée, sans imaginer tout ce qui se passerait. Elle était enthousiaste: son sujet d'étude des quinze dernières années allait s'inscrire dans le code civil", relève Étienne Chaillou. "C'est également un film sur la démocratie en marche, les coulisses d'une loi en train de s'écrire". "On cherchait aussi un côté +fait à la maison+ pour montrer qu'on pouvait raconter des choses importantes avec une économie de moyens", explique Mathias Théry.

"Le montage a été difficile, entre scènes réelles et peluches animées. Et derrière chacune d'elles, imaginez des gens à quatre pattes, les bras en l'air. On a travaillé avec quelqu'un des Guignols". "C'était notre premier film avec des peluches et sans doute le dernier", conclut-il.

(Source AFP)

Rédigé par Michael

Publié dans #sorties cinéma, #cinéma gay

Commenter cet article