Sorties ciné gay "Les amants de Caracas"

Publié le 1 Mai 2016

Sorties ciné gay "Les amants de Caracas"

Le 4 mai 2016

Ce film au rythme lent, marqué par les silences et les contrastes entre un monde intime aride et un extérieur plein de vie, est le premier long métrage de fiction de Lorenzo Vigas, né en 1967.

Ce réalisateur, qui avait présenté en 2004 au Festival de Cannes le court-métrage "Les éléphants n'oublient jamais", centré sur le désir de vengeance d'un frère et d'une soeur contre leur père, explore à nouveau le thème de la paternité et de l'absence du père dans ce film.

"L'Amérique latine est un continent où le père est absent, c'est quelque chose qui fait partie de l'inconscient collectif, de l'archétype qui définit les Sud-Américains", expliquait Lorenzo Vigas à la Mostra de Venise, confiant qu'il entretenait pour sa part une excellente relation avec son père Oswaldo Vigas, artiste plasticien reconnu.

C'est vrai que je suis "obsédé par ce sujet", a souligné le réalisateur, auteur également de nombreux documentaires.

"Les Amants de Caracas" ("Desde Alla") raconte l'histoire d'Armando, un homme de la classe moyenne d'une cinquantaine d'années, qui attire souvent des jeunes hommes chez lui, et leur demande de se déshabiller contre de l'argent. Il rencontre Elder, un adolescent violent et charismatique, leader d'une bande de délinquants basée dans l'un des quartiers les plus dangereux de Caracas, pour qui il éprouve une fascination et avec qui il va nouer une relation singulière. La rencontre entre Armando et Elder, extraverti et arrogant, dont le père est en prison, va les changer l'un et l'autre pour toujours.

Deux mondes différents

"Mon film parle toujours du manque d'affection et d'émotion dans toutes les strates de la société", explique Vigas, qui a eu l'audace d'intégrer à son film une scène de sexe entre deux hommes si crue qu'elle fera date. "Il me semblait intéressant que le film explore ce thème de l'homosexualité, étant donné que l'Amérique latine est très conservatrice et largement homophobe", souligne-t-il.

Mais au-delà de ces scènes destinées à provoquer et donc à lancer un débat, le metteur en scène admet utiliser une manière bien à lui de filmer les différences sociales, illustrées dans le film par des images floues et des bruits hors champ. "Cela a été comme si je filmais deux mondes différents", assure Vigas, expliquant avoir tourné les scènes du film dans les rues de Caracas, sans autorisation, sans contrôle du trafic automobile, en slalomant entre les piétons.

Les contrastes entre ces deux mondes sont emblématiques d'un pays, voire d'un continent. "La tension sociale et politique au Venezuela marque encore plus la division entre les classes sociales", reconnaît le réalisateur.

Le cinéaste s'est très bien entouré pour ce film. Son scénariste est le Mexicain Guillermo Arriaga ("Babel", "Trois enterrements", "21 grammes"), également producteur du film. Le cinéaste mexicain Michel Franco est aussi co-producteur. Son acteur principal, le Chilien Alfredo Castro, qui joue Armando, est un emblème du cinéma latino-américain indépendant et engagé, vu notamment dans "El Club" et "No" du Chilien Pablo Larrain.

La quête par Armando de jeunes hommes aux arrêts de bus, son habitude d'espionner un homme âgé lié à son passé, son incapacité à communiquer, au point qu'il ne se laisse pas toucher, tous ces éléments propres à la vie du personnage sont une façon d'évoquer la distance, et le manque.

L'interprétation d'Alfredo Castro avait été remarquée à Venise, tout comme celle du jeune acteur Vénézuélien Luis Silva dans le rôle d'Elder, qui fait ses débuts au cinéma dans ce film. Il vient lui-même d'un quartier modeste de Caracas, et n'a pas non plus connu son père. Impressionné par son talent, Lorenzo Vigas a dit voir en lui le prochain Gael Garcia Bernal.

(Source AFP)

Rédigé par Michael

Publié dans #sorties cinéma, #cinéma gay

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