Sortie ciné gay " 1:54" et "Grave"

Publié le 19 Mars 2017

1:54 vient du Canada en sprintant. S’il est présenté comme un film sur la compétition sportive, il révèle en réalité le harcèlement dont sont victimes les homos à l’école. Puissant.

C’est ce qu’on appelle un coup de génie : au lieu d’annoncer le sujet principal, à savoir le harcèlement homophobe à l’école, la bande-annonce du film (et son affiche) se focalisent sur la course et la rivalité entre deux ados charismatiques. Jeff, brun populaire et tête-à-claques, voit d’un très mauvais œil que Tim, blond à tendance geek qui passe son temps libre à réaliser des expériences chimiques avec son acolyte Francis, coure sur ses plates-bandes.

« Sale fif » [pédale en québécois, ndlr]

Depuis que Tim s’est réinscrit à la course, Jeff et sa bande le harcèlent : jet de nourriture à la cantine, mises en scènes sur les réseaux sociaux, intimidation physique et surtout insultes homophobes car son copain Francis, lui, a fait son coming-out. Et Tim est évidemment soupçonné d’être son « cheum ». Ce qu’il dément fermement au point de trahir son ami et de l’exposer à la pire des homophobies, alors que le spectateur, lui, connaît déjà l’attirance de Tim pour Francis, et inversement…

 

Dans ce cauchemar adolescent qui rappellera à nombre d’entre vous les heures souvent peu glorieuses de la puberté, du collège au lycée, plusieurs adjuvants gravitent autour de Tim : Jen, une camarade de classe qui ne se laisse pas faire, comprend et accepte subtilement le « secret » de Tim; son prof de chimie, qui s’occupe aussi du club de course; et son père, seul à la maison depuis la mort de sa femme.

Source première

Grave

Sortie le 15 mars 2017

Nous suivons la trajectoire de Justine (Garance Marillier), jeune fille modèle, studieuse et assez surdouée qui intègre une école de vétérinaire. Première fois qu’elle quitte le cocon familial cimenté par un père et une mère déjà vétérinaires et végétariens. Sur le campus, Justine se fait une joie de retrouver sa soeur Alexia (Ella Rumpf). Mais cette dernière ne se révèle pas particulièrement disponible, ne se présentant pas au rendez-vous pour l’accueillir. Elle préfère profiter des joies du campus et de ses multiples soirées décadentes et arrosées.

Les premiers jours se révèlent inattendus et d’une violence assez inouïe : se déploie un bizutage hardcore qui flirte avec le harcèlement. On recouvre les bizuts de sang, on les incite à coucher les uns avec les autres, on se saoule jusqu’à la déraison, on démonte les chambres… Pour Justine, l’étape la plus insupportable consiste à être contrainte d’ingurgiter de la viande crue, un rein de lapin. Après l’avoir mangé, quelque chose change en elle : un rejet puis le début d’une soif vertigineuse de chair.

Comme possédée, l’adolescente va peu à peu se laisser dépasser par ses pulsions, sous la coupe d’une grande soeur un peu perverse sur les bords. Dépassée par ce qu’elle vit et ressent, Justine ne semble pouvoir compter que sur son colocataire gay, Adrien (Rabah Naïf Oufella) dont elle tombe amoureuse en secret. Mais aussi protecteur et bienveillant soit-il, ce dernier pourra-t-il stopper la transformation inquiétante de Justine ?

Visuellement abouti, jouant avec les limites du spectateur, « Grave » dépeint avec une réelle intensité la fin de l’enfance et une entrée violente dans le monde adulte. La vie étudiante est ici montrée comme quelque chose d’à la fois exaltant (par exemple pour le personnage d’Adrien qui peut vivre son homosexualité de façon libre et débridée) et de terrifiant (les mythiques bizutages type fac de médecine sont ici poussés à leur paroxysme de barbarie). Le cannibalisme est  traité avec sérieux mais a aussi un caractère fantasmatique et métaphorique, retranscrivant la soif de chair de son héroïne qui au début du film est encore vierge.

Source popandfilms

Rédigé par Michael

Publié dans #sorties cinéma, #cinéma gay, #homophobie

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