Nicolas Maury : "J'ai encore peur d'être frappé parce que je suis homosexuel"

Publié le 22 Novembre 2018

Le fameux Hervé de la série "Dix pour cent", dont la saison 3 est actuellement diffusée sur France 2, se confie sur sa sexualité et notamment sur le climat d'homophobie qui sévit en France. Nicolas Maury raconte sa propre expérience.

Devenu un visage public et bien connu des téléspectateurs depuis la série Dix pour cent dans laquelle il campe le jeune et intrépide Hervé, Nicolas Maury goûte à la notoriété, ses avantages comme ses inconvénients. Parmi eux, celui de devoir assumer sa sexualité dans une ville, Paris, où l'homophobie est hélas présente et frappe régulièrement. Dans une interview accordée à Têtu, il exprime son ressenti et se confie sur ce quotidien...

L'acteur explique par exemple vis-à-vis de ce climat d'homophobie qu'il a "tellement intégré cette peur que c'en est devenu un réflexe". Pour lui, "c'est comme si on nous obligeait à porter un masque, à marcher autrement dans l'espace public". Il cite quelques exemples concrets, notamment à l'époque de la diffusion de la saison 2 de Dix pour cent – la troisième est actuellement diffusée sur France 2. "J'ai connu plusieurs moments craignos dans la rue avec mon ex-amoureux. Une fois dans le métro, des mecs m'ont reconnu et ont commencé à crier : 'Hé, c'est le pédé de Dix pour cent !'", raconte-t-il.

Et s'il note une évolution des mentalités, ses craintes ne s'effacent pas et il ne sent pas plus libre qu'avant. "J'ai encore peur d'être frappé parce que je suis homosexuel", glisse-t-il, expliquant qu'un jour, Marion Cotillard l'a contacté afin de lui exprimer son admiration et justement louer sa liberté de jeu à l'écran. "J'étais très touché. Mais ce qu'elle appelle 'liberté', pour moi, c'est m'exposer. Et ça me met en danger dans la vraie vie", affirme-t-il.

Dans la rue comme dans le milieu, l'homophobie est présente. Il raconte ainsi : "Je ressens aussi beaucoup d'homophobie dans le cinéma. (...) Mais encore récemment, sur un tournage, il a fallu que je m'énerve après une remarque vraiment déplacée en expliquant : 'Si on était aux États-Unis, je pourrais vous faire un procès.'" Il fait allusion à des "réflexions homophobes de la part d'autres acteurs ou de metteurs en scène" sur tous les tournages qu'il a pu fréquenter. "Ça a pu me rendre très triste et m'enlever une part de rêve", avoue-t-il.

Interview à retrouver en intégralité dans Têtu, N°217 (Hiver 2018).

Source purepeople

 

Rédigé par Michael

Publié dans #people, #homophobie

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