Rentrée littéraire gay septembre 2020

Publié le 2 Octobre 2020

 

Battlefields

François-Marie Banier

Editions Steidl

 

 

Ma feuille de route : La route de tout son long entre villes, champs, jambes, leurres, fumées du ciel, rayons du soleil, gesticulations, Gay Prides où lueurs de l’âme, du corps, des cœurs transpercent transes et raideurs des imageries du monde. Les gays, pour dire très vite hommes et femmes, autrefois homme ou femme, dépassaient les genres, je n’y ai jamais prêté attention jusqu’à la maladie appelée AIDS puis SIDA qui au regard de la mortalité à venir m’a cloué de chagrin.

Ils mourraient les uns, les unes après les autres. Guerre d’un virus insaisissable, démoniaque. Avant j’avais vu des morts. Pas autant, pas si jeunes. Pas à la chaîne. J’avais vu des accompagnements, des chambres mortuaires, parents, frères, amis en pleurs. Autour, avec, auprès des homosexuels, hommes femmes, où d’autres touchés par l’épidémie, je n’ai vu que des anges. Plus que des anges. Ferveurs délicates aux inventions, ô fidélité, si touchante, bouleversante. Le bourgeois de chez bourgeois n’en revenait pas et racontait le placement à la messe, la dignité au cimetière comme à la volée des cendres, la chaleur de tous. Adieux de géants de sensibilité hors pair. D’accompagnements d’une douceur, de ferveurs inimaginables. Infirmières, médecins, voisins, le monde enfin gentil.

Voilà que j’entre dans une Gay Pride à Paris. Je photographie la poésie, la drôlerie, l’affrontement avec les idées reçues des caparaçonnés. New York, Londres, Rome, Bruxelles, je suis et peins comme d’habitude au déclic, le plus souvent en noir et blanc. Fauves, enfants de chœur, couronnés de pastilles Valda, notaires en cornettes, mômes de Gala et Salvador Dali, conteurs de tous pays, tout un monde qui sait rire et prier. – François Marie Banier.

L’amour égorgé

Patrice Trigano –

A l’occasion du centenaire du surréalisme Editions Maurice Nadeau

 “Le plus beau des surréalistes” Un matin de juin 1914, à son réveil, René âgé de quatorze ans découvre le corps pendu de son père à la poutre centrale du salon de l’appartement familial. Ce traumatisme alimentera un besoin de révolte qui ne quittera pas le poète qu’il devint.

Tourmenté par sa bisexualité, tour à tour amoureux d’un peintre américain puis d’une jeune berlinoise adepte du triolisme, dégoûté par son corps atteint de tuberculose, René Crevel conjurait son mal de vivre en cherchant dans les abus de la drogue, du sexe, et des frivolités mondaines l’apaisement de ses maux. Jusqu’à son suicide en 1935 il rêva à une version régénérée du monde en devenant tour à tour membre du mouvement Dada, du groupe surréaliste et enfin du Parti communiste.

En une épopée passionnante, d’une plume alerte, Patrice Trigano fait revivre les moments d’exaltation, les sentiments de craintes, d’angoisses, les douleurs morales et physiques de René Crevel. Il dresse une peinture des milieux intellectuels des années vingt et trente, alors que le fascisme était en embuscade, à travers des portraits saisissants des amis du poète: Gide, Nancy Cunard, Breton, Éluard, Aragon, Tzara, Cocteau, Dali, Giacometti

Rédigé par Michael

Publié dans #Livre gay

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