Nicolas Maury - Garçon chiffon : "Je veux filmer les hommes"

Publié le 24 Mai 2021

Portrait de l'acteur de Dix pour cent, dont le premier film en tant que réalisateur, Garçon chiffon, est enfin ressorti au cinéma.

 

Précédé d’un tissu d’éloges, le premier film de Nicolas Maury n’a finalement eu le droit qu’à deux jours d’exploitation en octobre dernier. Garçon Chiffon est de retour en salles depuis le 19 mai, et c’est l’occasion de ressortir notre portrait d’un garçon très soyeux, initialement publié dans le n°512 de Première (octobre 2020, avec David Fincher en couverture).

Dans le jardin de cet hôtel particulier d’Angoulême, on ne voit – presque – que lui. Silhouette longiligne, petit pull jacquard choisi avec soin, Nicolas Maury ne passe pas inaperçu. À l’image de ses premiers pas derrière la caméra avec Garçon chiffon, dont il tient aussi le premier rôle, film « personnel sans être autobiographique ». Nicolas Maury n’a en effet rien du robinet d’eau tiède. À Première, Garçon chiffon en a même agacé certains à cause de son prétendu côté égocentré. Mais est-ce vraiment un défaut pour un créateur ? « Je fais des films par amour du cinéma », explique celui qui, tout gamin dans son Limousin natal – là où se déroule l’essentiel de l’action de Garçon chiffon –, passait son temps à tourner des petits films avec la caméra familiale. Un amoureux de tous les cinémas, sans esprit de chapelle.

Petite nature

Garçon chiffon – portrait d’un jeune homme confronté à une rupture douloureuse, un deuil familial et des difficultés à vivre de son métier de comédien – revendique d’ailleurs autant ses influences chez Hong Sang-soo et Bergman que chez Apatow. Il constitue la première pièce d’un édifice que Maury ambitionne de construire. « Je veux filmer les hommes. Ce sera mon entreprise. C’est un territoire infini que je veux faire mien. J’ai envie de leur redonner du mystère à l’écran. » Il dit tout cela avec une voix qui n’appartient qu’à lui, souvent dans les aigus et pourtant très posée. « On me prend pour une petite nature mais je suis fréquemment l’inverse. Je fais un métier où, à force de se faire piétiner, on développe instinctivement une capacité à s’en prémunir. »

Thierry Frémaux a accordé à Garçon chiffon le label Cannes 2020. Une reconnaissance qui a fait du bien à ce grand angoissé. « Dans la vie, j’ai souvent peur, mais là je suis apaisé car je sais que je suis allé au bout de mon geste. Et j’aime ce film. » Encore une phrase qui fera pousser des cris d’orfraie à ceux qui ne voient que son égocentrisme. Saluons plutôt une absence de fausse modestie. Pour le reste, sa manière de mettre en lumière son beau casting parle pour lui. Nul besoin d’en rajouter.

Source Première

Rédigé par Michael

Publié dans #sorties cinéma, #cinéma gay

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