Publié le 16 Août 2007

Bonjour à tous,

Je suis un jeune écrivain très amateur et je profite de cette espace pour vous livrer quelques une de mes nouvelles.
J'aimerai avoir votre opinion que se soit sur le contenu ou le style afin de pouvoir m'améliorer (si c'est possible ?)
en espérant vous avoir diverti avec mes petites histoires...

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Rédigé par Michael

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Publié le 16 Août 2007

L’ANGE DECHU
 
 
L’internat professionnel, St Exupéry, situé dans la proche banlieue lyonnaise, accueillait plus de 2000 élèves. De nombreuses formations professionnelles y étaient proposées pour ces jeunes en difficultés scolaires. Certains préparaient un diplôme dans l’hôtellerie, d’autres dans la mécanique en passant par l’esthétisme ou encore la coiffure.
 
En ce début de journée, les jeunes lycéens, se rendaient dans les différentes classes où les cours étaient dispensés par des enseignants plus ou moins motivés.
 
Dans une petite salle située en annexe du bâtiment principal, se déroulait le cours de poésie française du professeur Martin. Une vingtaine d'étudiants à peine assistait à ce cours optionnel. Malgré tout le talent de monsieur Martin, les élèves ne se bousculaient pas. En effet, la plupart préféraient faire des activités sportives ou suivre les cours d’informatiques que de perdre leur temps à s'intéresser à la beauté des mots. Martin venait de fêter ses 35ans, il était assez athlétique car il pratiquait régulièrement de l’aviron en amateur. Cela faisait plus d’une quinzaine d’année qu’il enseignait la littérature d’abord à l’université et depuis cinq dans ce lycée. Il avait eu le désir de se lancer un nouveau défit en essayant d’ouvrir ces jeunes esprits réfractaires à l’enseignement à la beauté de la langue française. Parfois il avait eu envie de tout abandonné devant la difficulté de la tâche mais, à d’autres moments, un élève particulier lui rappelait que son travail n’était pas vain.
 
Le jeune Vincent faisait partie cette dernière catégorie. Il s'agissait d'un élève assez renfermé mais très motivé. Il préparait son diplôme dans la restauration mais trouvait toujours le temps nécessaire pour venir chaque semaine assister au cours de Martin.
Il y avait quelque chose de différent chez ce jeune homme et Martin l'avait tout de suite sentie. Il avait toujours fait preuve de professionnalisme avec ses jeunes élèves, pourtant pour la première fois de sa carrière, il ne pouvait s'empêcher d'être à la fois fasciné et effrayé par la beauté de Vincent. Il avait à peine 17 ans et était en première. Son regard d’un bleu intense trahissait une maturité précoce. Il avait traversé beaucoup d’épreuves et son parcours scolaire en disait long sur lui. Renvoyé de la plupart des collèges qu’il avait fréquentés pour son absentéisme, il avait fini par être placé en internat par sa famille. Après un démarrage houleux, Vincent avait fini par s’intéresser à ses cours de cuisines et à apprécier de partager son temps entre études et activités professionnelles. En effet, 2 jours par semaine, il travaillait dans un restaurant assez chic du centre ville. Il semblait avoir mis de coté ses frasques pour enfin s’investir dans ses études. Il semblait avoir trouvé, au travers de ce cours de poésie, un espace de sérénité, qui lui permettait de se ressourcer dans cet univers très speed de la restauration. 
 
Durant ces longs moments de silences pendant lesquels les étudiants lisaient certains passages d'auteurs anciens, Martin avait parfois du mal à détourner son regard de cet être en pleine jeunesse, qui avait soif d'apprendre. Parfois la tête du jeune homme se relevait comme s'il sentait le poids du regard de son professeur sur ses épaules. Ils se fixaient un bref instant. Martin pouvait alors apercevoir une petite lueur dans ses yeux. Alors son coeur s'affolait et il n'avait qu'une envie, prendre ses jambes à son cou. Ses pensés devenaient confuses et il était mal à l'aise.
 
Ce soir là, Martin, commençait à entreprendre le chemin du retour chez lui à pied car on venait de lui crever les pneus de son vélo. Une voiture s'immobilisa à sa hauteur et une voix familière lui proposa de le raccompagner. Il hésita. D'un coté il lui restait 5 km à parcourir, de l'autre une peur insensée de se retrouver assis au coté de Vincent le saisissait. Il chassa rapidement ses idées stupides de sa tête et s'installa à coté du chauffeur. Le voyage fut très silencieux. Arrivé en bas de son immeuble il se sentit soulagé :
 
-"Je te remercie de m'avoir ramené. Si je retrouve le petit crétin qui m'a crevé mon vélo...
- Vous le remercierez de ma part car sans lui je n'aurai pas eu le plaisir de vous raccompagner. Vous ne m'invitez pas à prendre un verre ?
- Je n'ai que du jus d'orange.
- Ca sera parfait." Martin n'eut même pas le temps de trouver une autre excuse, Vincent s'était déjà invité.
 
Ils prirent place sur le sofa et commencèrent à discuter d'un livre dont il avait à faire la synthèse :
 
-" Je trouve vraiment dommage que vous ayez si peu d'étudiants. Je ne comprends pas. Vos cours sont tellement captivant..
- Disons que la poésie ne fait plus recette aujourd'hui.
-Oui les jeunes avec leur texto sont bien loin de comprendre toute la subtilité et la magie des mots.
- Tu ne m’as pas l’air bien plus vieux qu’eux.
- Parfois j’ai l’impression d’avoir cent ans ! Je me sens si loin des préoccupations des jeunes de mon âges.
- Et à quoi pensent les garçons d’aujourd’hui ? » Vincent s’assombrit et semblait perdu un cours intense dans ses pensées :
- « Je ne sais pas trop. Les filles, les sorties et bien sur être mieux fringuer que son voisin.
- Et toi à quoi tu penses ? » Martin regretta aussitôt sa curiosité.
  Vincent le dévisagea longuement de ses yeux clairs. Martin fut troublé par ce regard, il se leva précipitamment et se dirigea dans la cuisine. Il essaya de retrouver son calme quand une main se posa sur son épaule. Il sentit le souffle chaud de Vincent dans son cou. Il se retourna et le jeune garçon vint se nicher entre ses bras. Il avait souvent rêvé de ce moment. Mais un frisson le ramena à la raison. Il le repoussa :
 
-" Non ! Nous commettrions une grave erreur. Tu oublis que je suis ton professeur et toi un élève.
- Quelle importance ! J'en ai assez de jouer au chat et à la souris avec toi. Je sais que tu éprouves les mêmes sentiments que moi.
- Tu ne vois pas que cela est impossible. Qu'est-ce que tu cherches à la fin ?
- Je pensais simplement que tu étais différent des autres. Mais j'avais tort." Vincent planta Martin au milieu de son appartement.
 
Les jours suivant, Vincent, ne vint plus au cours de littératures. Martin était soulagé en partie, mais au fond de son coeur il souffrait. Au bout d'une semaine, il commença à s'inquiéter. Il s'en voulait de perdre un élève aussi doué. Il décida de lui rendre visite à l’internat.
Vincent partageait sa chambre avec quatre autres garçons. Aucune intimité n’était possible dans ce genre d’endroit. Martin pensa que le jeune homme devait beaucoup en souffrir. A peine arrivée, il sentit Vincent sur la défensive :
 
-"Qu'est-ce que tu fais ici ?
- Je voulais éclaircir certaines choses avec toi. Je trouve dommage que tu compromettes tes études à causes de moi.
- C'était trop pénible de te voir et de penser que tu me détestes.
- Je ne te déteste pas." Ils sortirent dans la rue pour être sûr que personne ne pouvait les entendre. La situation était embarrassante :
 
-" Vincent, j'éprouve pour toi une infinie tendresse. Mais je dois penser à ma carrière, cela me parait très dangereux.
- C'est ça qui est excitant !!
- Je pourrais perdre mon poste !" Et puis il y avait la différence d’âge. Martin se sentait si jeune à ses cotés mais il ne pouvait s'empêcher de penser qu'il avait l'âge d'être son père :
 
-" Tu dois connaître un tas de jeunes gens de ton âge. Tu ferais mieux d'aller avec eux et de m'oublier. Je suis trop vieux !
- L'âge n'a pas d'importance. Ce qui compte c'est l'instant présent. Et en ce moment j'ai très envie de t'embrasser." Son regard était brûlant de désir. Toutes ses bonnes résolutions volèrent en éclat. Il y avait ce jeune garçon, à la beauté suave qui lui faisait face. Tout son corps vibrait en sa présence. Il n’avait qu’une envie, le prendre dans ses bras, le couvrir de baiser et de caresses. Au diable la déontologie, la différence d’âge, après tout il ne faisait rien de mal. Enfin, c’est ce qu’il essayait de se convaincre.
 
Ils se donnèrent rendez-vous le soir même dans l'appartement de l'enseignant. Martin était très nerveux. Jusqu’à présent, il n’avait connu que des aventures sans lendemains avec des hommes mais il ne s'agissait que de sexe. Aujourd'hui c'était différent, car ses sentiments pour le jeune homme étaient bien plus intenses qu’une rencontre d’une nuit avec un inconnu. Lorsque Vincent entra dans le salon, il essaya de garder un air détaché et serein. Mais quand il fut à quelques centimètres de lui, il lui prit une envie irrésistible de se jeter sur le jeune homme et de lui arracher tous ses vêtements pour couvrir de caresses chaque centimètre de son jeune corps. Alors qu'il contenait ses propres pulsions, Vincent fit le premier pas. Il serra Martin dans ses bras. Ses lèvres se mirent à léchouiller son oreille, pour descendre doucement le long de sa joue et finir sa course sur sa bouche. Visiblement, Vincent avait déjà une certaine expérience. Martin passa ses doigts dans ses cheveux, puis tira sa tête en arrière pour lui rendre son baiser avec encore plus de fougues et de puissance. Ensemble ils partagèrent une nuit entière de plénitude et d’harmonie sexuelle.
 
Les semaines suivantes se déroulèrent comme dans un rêve. Ils se voyaient pratiquement tous les jours en plus des heures de cours. Il était devenu très difficile pour Martin d'enseigner. Il essayait de garder le contrôle de ses sentiments mais il était tombé amoureux fou de Vincent.
 
Leur petit manège, bien qu'extrêmement discret, n'avait pas échappé à l'un des élèves. Il avait surpris à plusieurs reprises les regards langoureux, et les petits mots que Vincent glissait dans ses copies à l'attention du professeur. Dom savait repérer les bons plans et il avait trouvé là un bon moyen d’augmenter sa moyenne générale et de se faire de l'argent facile. Il alla trouver le professeur pour s'entretenir d'une affaire avec lui. Il lui tendit une photo. En la voyant Martin blêmit :
 
-"Qu'est-ce que cela signifie ?
- Ne vous énervez pas cher professeur. Ce n'est qu'une photo. Croyez-moi la vidéo est bien plus croustillante. Qui aurait bien pu imaginer une chose pareille ? Vous, un professeur honorable en fâcheuse posture avec un mineur. Je me demande ce que penserais le recteur ?
- Combien veux-tu ?
- Je vois que vous comprenez vite. Je veux 5000€ et une bonne moyenne. Vous voyez je ne suis pas trop gourmand." Le pays des rêves venait de s'effondrer en mille morceaux. Et la chute avait été brutale.
 
Le soir venu, lorsqu'il retrouva Vincent, il le mit au courant du chantage dont il était victime :
 
-"Qu'as-tu l'intention de faire ?
- Payer ce qu'il veut.
- Tu ferais mieux de le dénoncer à la police. Tu crois qu'il va s'arrêter là.
- Je n'ai pas le choix. Si le recteur est informé je vais perdre ma place et toi tu risques le renvoi.
- Laisses moi faire. Je vais régler le problème et récupérer la vidéo.
- Mais comment ?" Il n'en su pas d'avantage. Mais l'expression de son ami l'effraya.
 
Vincent donna rendez-vous à Dom quelques jour plus tard afin de discuter. Martin s'était mis en arrêt maladie, il avait les nerfs en vrac. Il ne supportait plus l'idée de se retrouver face à face avec un maître chanteur et son jeune amant.
 
La nuit venait de tomber et dans un coin sombre du lycée déserté par les étudiants, deux jeunes hommes étaient en pleine discussion. Vincent était extrêmement calme. Dom faisait semblant d'être sûre de lui mais en fait il avait très peur de se faire prendre :
 
-" Bonsoir, Vincent chéri ! C'est comme ça qu'il t'appelle quand vous êtes seul tous les deux.
- Gardes tes sarcasmes pour quelqu'un d'autre. Tu vas me rendre la vidéo.
- En échange de quoi ?
- De ta vie." Il sortit un cran d'arrêt. Il attrapa Dom par-derrière et posa la lame sur sa gorge. De grosses gouttes de sueurs perlaient sur son front. Il n'aurait jamais cru Vincent capable d'un tel acte et se rendit compte que finalement il ne la connaissait pas très bien :
 
-"Tu ne vas pas faire une chose pareille ?
- Qu'est-ce qui m'en empêcherait ? Tu ne vaux rien à mes yeux. Dis-moi où elle est si tu veux que je te laisse la vie sauve.
- Ils sauront que c'est toi s'il m'arrive quoique ce soit.
- Comment ? Ce n'est pas mon arme. On croira simplement à un règlement de compte entre bande de jeune." Il pouvait lire dans son regard qu'il ne bluffait pas. Dom devait sauver sa peau :
 
-"Elle est dans ma chambre, dans la boîte du film MATRIX.
- Merci. J'espère que tu me dis bien la vérité. Je ne laisserai jamais personne se mettre entre moi et le professeur." Dom s'apprêtait à repartir lorsqu'il sentit le froid glacé de la lame lui parcourir le cou. Dans un hoquet effroyable, il s'écroula à genou en essayant de retenir le sang qui coulait à flot entre ses doigts. Puis il s'effondra à terre et dans un dernier sursaut la vie s'échappa.
Vincent jeta le couteau dans une poubelle et parti chercher l'objet de tous ses soucis. Au petit matin il retourna auprès de Martin pour lui apprendre la bonne nouvelle. Mais il trouva ce dernier en piteux état :
 
-" Tu as entendu la télé. On a retrouvé le corps de Dom ce matin.
- Oui je sais. Mais il n'y a rien à craindre. J'ai récupéré la cassette et on ne fera jamais le rapprochement avec nous, je te le jure mon amour." Martin détourna la tête. Il avait réfléchi toute la nuit et il avait pris une décision très pénible :
 
-" Il ne faut plus que l'on se voit.
- Je ne comprends pas. Il n'y a plus aucun problème. Je me suis occupé de tout." Le professeur avait réalisé le danger de sa position. Au départ il n'avait pensé qu'au bonheur qu'il éprouvait en la compagnie de son jeune ami. Mais à présent, même si Dom ne représentait plus de danger, une autre personne pouvait à tout moment prendre sa place. Il ne pouvait se permettre de tout perdre pour les beaux yeux d'un garçon :
 
-"Je suis vraiment désolé, Vincent, notre relation doit cesser. C'est beaucoup mieux ainsi, crois-moi. Ce que nous avons vécu était merveilleux mais c'est fini.
- Non, je ne te laisserai pas faire une chose pareille. Pas après ce que j'ai dû faire pour récupérer cette maudite vidéo.
- Et qu'est-ce que tu as fait ?" Martin prit peur. Il regarda le jeune homme avec horreur. Il y avait quelque chose en lui qui lui glaçait les os :
 
-" Ne joues pas les innocents. Tu sais très bien ce que j'ai dû faire.
- Oh mon Dieu ! Mais pourquoi ?
- Je t'aime. Je suis à toi pour la vie. Je ne laisserai personne entraver notre amour.
- Tu es fou ! Je ne veux plus te revoir. Tu m'entends." Mais Vincent n'entendait plus rien. Il venait de comprendre que l'homme de sa vie, l'homme pour qui il avait tué l'abandonnait. Pourquoi toutes les personnes qu’il aimait finissaient par le trahir ? Comme son père, durant des années il avait tout fait pour que cet homme froid et distant soit fière de lui et lui donne un peu d’amour. Mais il ne voyait que la déception dans son regard. Alors il avait baissé les bras et était parti à la dérive. La seule chose que son père avait trouvé, c’était de l’envoyer aussi loin que possible tant son propre fils le dégoûtait.
Cette nuit, il avait pris de la drogue pour se donner du courage afin d'accomplir sa mission. Il n'était plus en état de réfléchir correctement. Il avait l'impression d'évoluer dans un brouillard épais et ne voyait plus aucune issu :
 
-" Si je ne t'ai pas alors personne ne t'aura !" Il se saisit d'un objet lourd à sa porter et, avec la beauté d'un ange déchu, fracassa le crâne du professeur Martin.
Le corps tomba lourdement sur le sol. Vincent s’agenouilla, en pleurs et pris la tête en sang entre ses bras. La violence de son geste était à la hauteur de ses sentiments. Toute sa vie n’avait été qu’une succession de gâchis et de désespoirs. Il n’avait que 17 ans mais comme il le disait si bien il avait l’impression d’avoir cent ans tant la vie lui était insupportable. Il pensait avoir trouver un peu de réconfort et de bonheur dans les bras de Martin. Pourtant au final il s’était retrouvé une nouvelle fois seules et abandonnées.
 
Fin

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Rédigé par Michael

Publié dans #nouvelles gays

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Publié le 8 Août 2007

SUR LES TROTTOIRS DE MIAMI
 
 
Chap.1
 
 
La nuit venait juste de tomber sur l'immense ville de Miami en Floride. La chaleur de la journée et l'humidité de la nuit rendaient l'atmosphère lourde et une odeur particulière envahissait les demeures. Après un court instant plongé dans l'obscurité, la ville s'illumina de feux multicolores. La vie ne s'arrêtait pas pour se reposer au contraire. Une faune qui ne se nourrissait que de pénombre fit surface sur les trottoirs de Miami. On avait l'impression que la ville avait deux visages. Le jour, sereine, somnolante sous la chaleur accablante et le soir, frétillante et prête à tous les vices. C'est ici que se côtoyaient truands, directeurs de sex-shop, maquereaux, flics et prostituées.
Il existait trois formes de prostitution. Celle des vraies femmes provoquantes, qui se font de l'argent facile dans des motels miteux. Les travestis qui vivaient cachés à l'abri des regards, la peur au ventre. Et les autres, ces promeneurs noctambules, l'allure décontractée, fumant élégamment une cigarette, appuyés contre un mur à la recherche d'un regard.
 
Un homme d'une quarantaine d'année s'approcha de l'un d'entre eux. Ils n'eurent pas besoin d'échanger un mot. Il s'agissait d'un client régulier comme on disait dans le milieu. Ils prirent une chambre à l'hôtel, lui pour oublier sa misère et l'autre sa solitude.
Mickaël venait d'avoir 19 ans et il se prostituait depuis près de 6 mois. Il venait du Massachusetts qu'il avait fui. Là-bas il n'avait aucun avenir ou bien finir comme son père à travailler 10 heures par jour pour un salaire de misère. Il avait débarqué sur la côte est, pleins de rêves dans la tête, mais sans un sou en poche. Très vite il comprit qu'il avait beaucoup de charme et qu'il pouvait se faire pas mal d'argent en vendant son corps.
Mickaël n'était pas vraiment fixé sur le plan de ses orientations sexuelles. Il avait eu quelques aventures avec des femmes mais la plupart de ses clients étaient des hommes. Il passait sa journée à la plage à parfaire son bronzage et la nuit à traîner dans les quartiers chauds de la ville.
Depuis plusieurs semaines il recevait la visite régulière d'un certain Nick. Il était avocat, avec une femme et 2 grands enfants. Mickaël se demandait toujours pourquoi un type comme lui, avec autant d'argent, traînait avec des minables dans son genre. Nick était un homme charmant, plein de douceur et d'attention. Il lui arrivait même parfois de lui faire des cadeaux. C'était le genre d'homme que Mickaël aurait aimé rencontrer dans un autre contexte.
 
Cette nuit là, tout semblait calme du coté de Pensacola street. Mickaël avait accepté d'aider un ami à revendre un peu de drogue. Il n'aimait pas ce genre de trafique mais ça payait bien. Ils avaient donné rendez-vous aux acheteurs dans une ruelle, mal éclairé et à l'abri des regards. Après avoir échangé quelques mots ils firent l'échange de la drogue contre de l'argent. C'était une affaire simple et bien réglée en apparence. Mais à peine venaient-ils de tourner le dos aux deux hommes que des coups de feu éclatèrent. Mickaël s'écroula à terre, face contre sol. Les trafiquants les avaient doublés. Non content d'avoir la came ils voulaient garder l'argent. Ils laissèrent les deux hommes pour morts.
Quand Mickaël ouvrit les yeux, il faisait presque jour. Il n'avait plus la notion du temps et une douleur atroce lui barrait la poitrine. Il rampa jusqu'à son ami mais il ne respirait plus. Soudain il eut très peur de mourir, là dans un coin sombre, seul comme une bête. Dans un effort quasi surhumain il arriva à se traîner jusqu'à une cabine téléphonique. Son sang coulait de plus en plus abondamment et le mouchoir qui lui servait de pansement était à présent d'un rouge si vif que Mickaël en avait la nausée.
Il composa le numéro de Nick. Il s'en souvenait très bien car il avait joué les pickpockets un soir en subtilisant le portefeuille de son client. Il avait voulu connaître son identité, son adresse et faire ainsi un peu plus partie de sa vie. Il hésita un peu mais bientôt il n'aurait plus assez de force. Au bout de quelques sonneries on décrocha :
 
-"Allô ! Nick. C'est Mickaël, je t'en prie j'ai besoin d'aide. Je vais crever si tu ne viens pas.
- Mickaël qui ? Je ne comprends pas.
- Je suis blessé. Je perds tout mon sang." Dans un dernier souffle il lui communiqua son adresse. Nick était terrorisé par cet appel. Il avait toujours veillé à garder sa double vie privée et secrète. Il fut envahi par la confusion. S'il allait sur place il mettait en jeu sa réputation mais s'il ne faisait rien, un jeune homme allait mourir. Il essaya de ne pas trop réfléchir et sauta dans sa voiture pour se rendre auprès de Mickaël. Arrivée sur place il se rendit compte que la situation était critique. Il ne pouvait pas prévenir la police, ni emmener son jeune ami aux urgences sans éveiller la curiosité sur ses relations avec un prostitué. Il décida donc de le faire hospitaliser dans une clinique privée.
Lorsqu'il arriva Mickaël était inconscient et d'une blancheur cadavérique. Il le transporta à sa voiture et fonça à vive allure vers la polyclinique du centre.
 
Grâce à son argent et son influence, Nick fit en sorte que le médecin de garde ne pose aucune question indiscrète et admette Mickaël en urgence en salle d'opération. Il fuma cigarettes sur cigarettes, marchant de long en large dans une attente insupportable. Enfin après plus de 3 heures d'opérations le chirurgien lui annonça que le jeune homme était hors de danger et qu'il devait se reposer à présent. Nick prit congé et rentra chez lui. Dès qu'il arriva, sa femme le harcela de questions sur sa subite disparition. 
Il était marié depuis 10 ans avec Jessica. Il s'agissait d'un mariage de raison et non d'amour. Son beau-père lui avait promis de le nommer associé du cabinet d'avocat s'il épousait sa fille. Il avait accepté cette offre sans trop réfléchir. Il savait qu'il avait des tendances homosexuelles pourtant il se sentait incapable de les assumer au grand jour. Il préférait mener une double vie discrète. Mais il avait fait la rencontre de Mickaël et toute sa vie en avait été bouleversée. Il avait de plus en plus de mal à mentir sur ses véritables sentiments. Mais la peur du scandale était toujours plus forte.
Il raconta qu'il avait du se rendre au chevet du fils d'un gros client qui avait eu un accident de voiture. Le client se trouvait à l'étranger, et voulait être tenu informé de l'état de santé de son fils. Jessica accepta cette version des faits. Heureusement pour lui elle n'était pas très curieuse de nature et avait confiance en son mari.
 
Dans l'après-midi il se rendit à l'hôpital pour prendre des nouvelles du blessé. Mickaël était réveillé et les médecins étaient satisfaits de son état. Nick prit place à ses cotés et serra sa main entre la sienne :
 
-"Tu sais que tu m'as fait très peur, petit crétin. Dans quoi tu t'es fourré ?
- Je suis heureux que tu sois venu à mon secours
- Pourquoi m'as-tu appelé ?
- Je n'ai aucun ami ici. Tu es différent des autres types. Quand je suis avec toi je ne me dégoutte pas." Mickaël hésita à lui raconter toute l'histoire mais il avait le droit d'être au courant. Nick réalisa soudain toute la misère de la vie de son jeune compagnon. Jusqu'à présent il n'avait vu en Mickaël que le moyen d'assouvir ses fantasmes. A présent il se haïssait pour son égoïsme. Il avait honte d'avoir utilisé un autre homme à des fins purement sexuelles :
 
-"Je te dois des excuses.
- Pourquoi ?
- Je ne me suis jamais vraiment intéressé à ton sort. Je venais une fois par semaine sans même chercher à en savoir plus sur toi.
- Tu n'as pas à t'en vouloir. C'est moi qui ai choisi cette façon de vivre. J'aurai aimé te connaître dans une autre vie. J'avais besoin d'argent et pour moi ce moyen me paraissait le plus rapide. Je ne pensais pas rencontrer quelqu'un comme toi" On frappa à la porte. Nick lâcha rapidement la main de Mickaël. Il faillit s'étouffer en voyant sa femme débarquer.
 
 
Elle s'approcha du jeune homme un bouquet de fleurs à la main et divers revues :
 
-"Bonjour, je suis Jessica, l'épouse de Nick. J'ai pensé qu'un peu de lecture vous ferait du bien." Nick jeta un regard suppliant à Mickaël pour qu'il ne fasse pas de gaffes :
-"Qu'est-ce que tu fais là ? Comment m'as-tu trouvé ?
- C'est ta secrétaire qui m'a informé. Je pensais pouvoir t'être utile. Je sais que tu n'aimes pas les hôpitaux." Un silence pesant s'installa. Jessica sentit qu'elle était de trop mais elle était loin de s'imaginer ce qui se passait en réalité. Après avoir échangé quelques banalités ils se retirèrent. Peu de temps après il reçut la visite surprise de la police. Ils avaient fini par faire le rapprochement entre le corps retrouvé dans une ruelle et l'admission d'un jeune homme blessé par balle le même jour. Mickaël essaya de nier les événements :
 
-"Je ne vois pas comment je pourrais vous aider. J'ignore tout de ce qui a pu se passer.
- Les personnes qui vous ont visé vous ont peut être raté l'autre soir mais dès qu'ils apprendront que vous n'êtes pas mort ils vont retenter leur coup. Je n'aimerais pas être à votre place." Mickaël pris peur. Ils n'avaient pas tort. Si la police avait pu le retrouver, les malfrats le pouvaient aussi. Les inspecteurs le laissèrent réfléchir à leur offre d'immunité en échange d'informations. Mickaël était perplexe. Il avait toujours pensé que seul l'argent comptait. Peu importait la manière dont on le gagnait. Mais après avoir frôlé la mort d'aussi près, il commençait à comprendre que le plus important c'était de vivre. Il réalisa également à quel point Nick pouvait tenir à lui. Il avait mis en péril sa carrière pour le sauver. Malgré leur différence d'âge et le fait qu'il soit marié, il se dit qu'après tout il avait droit lui aussi au bonheur.
 
Chap 2
 
Nick passa plusieurs nuits blanches. Durant des mois il avait traversé les bas-fonds de la ville, un peu comme dans un rêve. Tout avait commencé par un banal accident. Il s'était égaré un soir en rentrant de chez un client. Comble de malchance, il avait crevé au beau milieu d'une rue mal famée.
Alors comme une apparition mystique, Mickaël était arrivé, proposant son aide. Nick eut comme un déclic. Aussi lorsque ce dernier lui proposa de boire un verre chez lui, il accepta. Depuis des années il avait refoulé ses pulsions homosexuelles, n'ayant que quelques brefs contacts mais ce soir là il s'était senti libre.
 
 
 
Il avait l'impression de souffrir d'un dédoublement de la personnalité. Tantôt il était un avocat respectable et respecté et de l'autre un être assouvissant des désirs interdits. Il n'aimait pas ce double jeu et l'accident de Mickaël était comme un signal d'alarme.
Il aurait aimé être capable de choisir entre sa femme et ce jeune homme mais c'était impossible. Ce dont il était sûr c'était qu'il avait pris la décision de sortir Mickaël de son ghetto.
Lorsqu'il le retrouva à l'hôpital, il lui parla de ses projets pour lui :
 
-"Ecoutes, Mickaël, je veux que tu te trouves un nouvel appartement dans un quartier mieux fréquenté et un vrai travail.
- Et tu crois que c'est si facile ! Avec quel argent je peux m'offrir ça ?
- C'est moi qui paierai.
- Non je ne veux pas de ton argent. Je ne suis pas une poule qu'on entretien.
- Je ne veux plus que tu te souilles dans cette vie de débauche.
- C'est la seule vie que je connaisse.
- Pourquoi ne finirais-tu pas tes études ? Je ferai une sorte de placement et lorsque tu travailleras, tu me rembourseras.
- Jamais je ne pourrai te rembourser.
- Ca n'a aucune importance. Je ne veux pas passer le reste de mes jours à me demander si tu es encore en vie ou mort quelque part.
- En quoi c'est important pour toi ?
- Tu sais que je tiens à toi..."Leur regard s'accrochèrent un long moment. Nick approcha ses lèvres de celle de Mickaël. Il était si jeune et avait la peau si douce. Sa main caressa sa nuque pendant qu'il l'embrassait.
 
Quelques semaines après sa convalescence, Mickaël se retrouva sur les bancs de la fac. Nick lui avait trouvé un petit studio près du campus. Une nouvelle vie s'offrait à lui et cette fois il était bien décidé à ne pas laisser passer sa chance.
Jessica avait de plus en plus de mal à comprendre son époux. Il était devenu plus agressif et dormait très peu. Elle avait en vain cherché à l'aider mais il refusait de lui parler de ses problèmes. Un jour en ramassant l'un de ses vestons, elle fit tomber son porte-cartes. Elle le ramassa et le feuilleta avec nostalgie. Nick gardait précieusement certaines photos. Elle se vit à plusieurs reprises à des âges différents. En sortant l'une d'elle pour vérifier la date, elle en trouva une autre caché derrière. Il s'agissait du portrait du jeune homme qu'elle avait rencontré à l'hôpital. Pourquoi son mari gardait-il une photo sur lui ?
Elle chercha à en savoir d'avantage sur cet inconnu. Elle téléphona à la secrétaire de son père pour avoir des renseignements sur le fameux client dont il était sensé être le fils. Mais celle-ci lui apprit qu'il n'y avait jamais eu de client. Elle appela ensuite la clinique qui lui apprit que le jeune homme en question s'était bien remis de sa blessure par arme à feu et était sorti.
Nick lui avait menti sur toute la ligne. Comment avait-il pu faire une chose pareille ? Il était mêlé à une sombre histoire d'arme à feu. Lui qui ne s'occupait que des cas de divorces et avait une sainte horreur des homicides.
Elle contacta un ami policier et lui demanda de faire une recherche sur Mickaël. Elle fut effarée d'apprendre que le jeune homme avait été arrêté deux fois pour prostitution et qu'il était vraisemblablement impliqué dans un trafique de drogue. Que pouvait bien faire son mari avec un individu pareil. Tous deux vivaient dans des univers si différents. En consultant les relevés bancaires de leur compte, elle découvrit également l'existence d'un appartement qu'il louait depuis 2 mois près de l'université. Elle devait en avoir le coeur net. Son mari lui cachait des choses depuis des mois. S'il avait une maîtresse elle devait savoir.
A force de fouiner, elle avait élaboré une théorie. S'il s'était impliqué dans les affaires de ce jeune garçon se devait être pour rendre service à quelqu'un. Peut être à une femme dont il était tombé amoureux.
Elle prit son courage à deux mains et roula en direction de l'adresse mentionnée sur les relevés. Elle fut surprise de trouver Mickaël dans le studio. Ce dernier en la voyant rappliqué fut pris d'un moment de panique. Mais après tout c'était peut être une chance que la femme de l'homme qu'il aimait soit chez lui. Il l'invita à entrer et se servit une bonne bière :
 
-"Vous vivez seul ici ?
- Oui. Mais comment m'avez-vous trouvé et que voulez-vous ?
- C'est mon mari qui loue cet appartement et j'aimerai savoir en quoi il vous est redevable.
- Je ne comprends pas votre question.
- J'ai fait ma petite enquête. Je sais qui vous êtes et ce que vous faites pour gagner votre vie. Ce que je n'arrive pas à cerner s'est comment mon mari à pu être impliqué avec un individu de votre espèce. Je pense qu'il rend service à quelqu'un et je veux savoir s'il s'agit d'une autre femme." Mickaël éclata de rire. Malgré tous les indices qu'elle avait pu accumuler, elle était incapable d'ouvrir les yeux sur la vraie nature de son époux :
 
-"Je ne vois pas en quoi cette situation peut être risible. Si Nick est victime de chantage je veux le savoir.
- L'autre femme s'est moi. Nous nous aimons." Elle reçut cette révélation comme un violent coup de fouet. Elle resta pétrifié d'horreur. Elle avait envisagé de nombreuses hypothèses mais pas celle là :
 
-"Je ne vous crois pas. Vous mentez.
- Ca m'est égal que vous me preniez au sérieux ou non.
- Vous n'êtes qu'une petite...
- Pute. Oui je l'ai été. Oui Nick m'a payé pour faire l'amour avec lui. Mais à présent c'est fini. Grâce à lui je vais enfin pouvoir m'en sortir." Elle le gifla violemment et partie dans une crise de larmes. Comment Nick avait-il pu la tromper aussi longtemps sans qu'elle se doute de quoique ce soi ? Surtout avec un homme. Elle aurait pu comprendre qu'il se soit laissé séduire par une belle jeune fille mais là ça dépassait l'entendement.
Une fois chez elle, folle de rage, elle décida de tirer les choses au clair avec son mari. Ce dernier pouvait lire la fureur dans son regard. Il ne l'avait jamais vu dans cet état :
 
-"Cela fait des mois que je me demande ce que j'ai pu faire de mal pour que tu sois si distant avec moi. J'en étais même venus à penser que j'étais une mauvaise épouse. J'ai découvert que tu louais un petit studio en ville et j'en ai déduit que tu avais dû chercher ailleurs ce que je n'arrivais pas à te donner.
- Tu te trompes...
- Ne m'interromps pas ! J'y suis allée pour y confondre ta maîtresse mais au lieu de ça j'ai rencontré ton amant." Il détourna son regard du sien. Il en voulait à Mickaël d'avoir si facilement craché le morceau après tout ce qu'il avait fait pour lui. Il se mordit les lèvres se maudissant du mal qu'il était en train de faire :
 
-"Je te demande pardon. J'ai lutté aussi longtemps que j'ai pu pour me convaincre que je n'éprouvais pas ce genre de sentiments.
- Tais toi je ne veux pas t'entendre te justifier ou t'expliquer parce que c'est impossible. J'ai réfléchi tout en roulant jusqu'ici. J'ai d'abord voulu te tuer mais je suis trop lâche. J'ai voulu te quitter mais mon père ne l'acceptera jamais. Admettons que tu viens de vivre un moment d'égarement et que plus jamais cela ne se reproduira, alors j'essaierai de te pardonner." Jessica était peut être bouleversée, elle n'en demeurait pas moins lucide sur les conséquences qu'aurait un divorce. Nick se trouvait au pied du mur. Le moment tant redouté venait d'arriver. Il devait choisir entre sa réputation et les beaux yeux d'un jeune homme de 20 ans. Jessica avait l'air plus calme à présent. Elle savait qu'elle avait toutes les cartes en main. Elle s'installa sur le sofa et fixa son mari comme si elle le voyait pour la première fois. Il avait l'air en proie à un conflit intérieur violent :
 
-"Ca fait longtemps que tu es comme ça ?
- Il est sans doute probable que je l'ai toujours su.
- Alors pourquoi moi ?
- Si je le savais ce n'est pas pour autant que je l'accepte. Et puis je t'aimais quand je t'ai épousé, quand nous avons fait nos enfants...
 
 
 
- Mais ce qu'il y a s'est que tu l'aimes plus que moi. Je refuse de te partager avec qui que se soit et surtout avec un homme. Alors tu vas mettre fin à cette relation." Nick prit sa veste et parti rejoindre Mickaël. Ils devaient avoir une discussion.
 
Chap 3
 
Tout au long du chemin il essayait de se raisonner. D'un coté il y avait un travail qu'il aimait beaucoup et qui lui avait procuré une certaine notoriété dans les plus hautes sphères. Il pouvait même espérer briguer un mandat de sénateur dans un proche avenir. De l'autre, un jeune homme sortit de nulle part, mêlé à différents trafiques et qui vendait son corps au plus offrant. Le choix était pourtant simple. N'importe quel homme sensé aurait compris où était son intérêt. Mais au fur et à mesure qu'il se rapprochait de l'appartement il voyait le doux sourire de Mickaël lui réchauffer le coeur. Auprès de son jeune ami il avait l'impression de reprendre goût à la vie. Dès qu'il arriva, il s'effondra sur le canapé. Il était au bord du gouffre et il ne pouvait plus reculer.
Mickaël se sentit soudain envahi par un sentiment de désespoir. Il avait été stupide de croire qu'un homme pareil pouvait tout lâcher pour un gigolo dans son genre. Il prit place près de lui et posa sa tête sur son épaule :
 
-"Si tu viens me dire que tout est fini entre nous deux, saches que je comprendrais. Je ne ferais jamais rien qui pourrait te nuire.
- Je te remercie. Mais c'est au-dessus de mes forces de rompre avec toi. Tu m'as ouvert tant d'horizons nouveaux. Tu m'as appris à me connaître. Je n'ai jamais autant éprouvé de bonheur qu'avec toi. Le problème c'est que je ne peux pas vivre avec toi ni sans toi.
- Je veux que tu retournes avec ta femme et que tu m'oublies. Nous avons vécu une très belle histoire d'amour. Et grâce à toi j'entame une nouvelle vie. Tu m'as fait le plus beau des cadeaux celui de croire en moi. Mais tu sais bien que nous n'avons aucun avenir ensemble alors ne gâches pas ta carrière, ça n'en vaut pas la peine.
- Mickaël...
- Chute ne dis plus rien" Du bout des doigts, il caressa le visage de Nick afin de l'immortaliser dans son esprit. Nick passa son bras autour de son coup et l'attira vers lui. Mais Mickaël le repoussa et alla s'enfermer dans sa chambre.
 
Jessica aurait du se réjouir. Elle était parvenue à ce qu'elle voulait. Pourtant elle savait au fond d'elle même, qu'elle n'aurait plus jamais confiance en Nick. Sa victoire avait un goût amer.
 
 
Elle pouvait lire en lui le désespoir d'avoir fait ce choix :
 
-" Pourquoi es-tu revenu avec moi si tu me détestes tant ? Pour ta réputation ?
- Non ce n'est pas la seule raison.
- Tu aurais été capable de tout abandonner pour lui ?
- Je pense que oui.
- Alors pourquoi ne pas l'avoir fait ?
- Mickaël ne me l'aurait jamais permis. Il savait que j'aurais beaucoup souffert de cette situation. Il a préféré me rendre ma liberté. Quelle foutais ! J'aurai tellement aimé qu'il me supplie de rester auprès de lui. Je me déteste pour mon manque de courage." Il eut un rire cynique. Il réalisa le gâchis de sa vie.
Il avait couru après le bonheur toute sa vie et une fois atteint, il l'avait laissé partir pour être dans la norme. Il avait trop peur d'assumer sa différence et de ce fait il n'avait droit qu'à cette vie vide d'amour mais remplit de fric.
 
La nuit venait de tomber sur les trottoirs de Miami. Une de ces nuits sans étoiles. Dans un coin sombre un jeune homme attendait patiemment à l'affût d'un éventuel client. Une belle voiture s'approcha. La vitre glissa et sans échanger plus de 3 mots le garçon monta dans le véhicule. Ils partirent à travers la nuit, l'un pour combler sa solitude, l'autre pour sortir de sa misère. C'est ainsi que se déroulaient toutes les nuits sur les trottoirs de Miami.
 
 fin

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Rédigé par Michael

Publié dans #nouvelles gays

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