Publié le 20 Mai 2019

"On verra ce que ça veut dire d'être en dernière année au lycée."

Quelques jours après la conclusion de la saison 3 de Riverdale, on se penche sur ce que nous réservera la suite de la série. Le créateur, Roberto Aguirre-Sacasa, fait ainsi quelques révélations. Attention spoilers !

Il commence d'abord par expliquer que la saison 4 sera centrée sur la reconstruction : "Oui, la ville de Riverdale est tellement dévastée à ce stade que nous devons commencer à reconstruire. Il y a eu la quarantaine, et Hiram qui a essayé de l'acheter, et l'eau qui a été empoisonnée... Toutes ces choses vous obligent en quelque sorte à commencer la reconstruction, et nous voulions le localiser avec Archie et son gymnase", confie le showrunner dans une interview au Hollywood Reporter.

D'une façon plus générale, le scénariste explique que cette saison 4 de Riverdale sera la fin d'une ère : "Nous pensons vraiment que cette nouvelle année sera la dernière année où ce groupe d’amis, ce groupe de personnes, pourrait être ensemble. Ce sera là le thème sous-jacent, parce que c’est aussi un peu ce que ça veut dire que d'être en dernière année au lycée. C’est un grand pas en avant que d’aller à la fac, dire au revoir à vos amis du lycée... Vous devenez plus clairement un jeune adulte, et je pense que c’est ce que la saison 4 sera globalement."

La saison 4 de Riverdale sera à voir à la rentrée sur CW et en France sur Netflix.

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Rédigé par Michael

Publié dans #séries gay, #Netflix

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Publié le 20 Mai 2019

Céline Sciamma présentait en compétition Portrait de la jeune fille en feu, film incandescent sur le désir des femmes. On s'enflamme pour Adèle Haenel et Noémie Merlant.

Heloïse ne veut pas se marier à un inconnu. Aujourd’hui, personne ne lui nierait ce droit. Cela n’a pas toujours été le cas. Dans la France du XVIII e siècle, elle doit se conformer à la volonté de sa mère qui a décidé de faire épouser à cette Bretonne amoureuse de la nature un riche Milanais. Pire, elle doit poser pour un portrait qui sera expédié à son prétendant afin que ce dernier la trouve à son goût. C’est un choc pour la jeune fille qu’on vient de sortir du couvent. Telle a longtemps été la condition de la femme: le mariage ou le couvent.


Surprenante Adèle Haenel

Quelle bonne idée d’avoir confier à Adèle Haenel le rôle de cette jeune femme encore pure et obéissante dont la seule défense est la colère. On a l’habitude d’apprécier l’actrice dans des personnages forts et farouches. La voir plus docile nous révèle une autre facette de la comédienne, toujours aussi juste, dont le regard inquisiteur en dit long.
Une femme - et ce n’est pas un hasard, une artiste - va l’initier à la la liberté. En effet, la mère de la future mariée (Valeria Golino) a commandité ce portrait à un peintre. Un premier a échoué devant le refus de la jeune fille de poser. Le deuxième est une femme, qui cherche, elle aussi, à s’affranchir de sa condition et des préjugés sur son sexe. Noémie Merlant est parfaite. L’actrice révélée par L’orpheline avec un bras en moins, devenue une jeune radicalisée dans Le ciel attendra, tient là un de ses plus beaux rôles. Les deux actrices nous offrent une incandescente histoire d’amour qui se consume à mesure qu’elle permet aux héroïnes d’accéder à une nouvelle étape de leur vie.

Muse et artiste
Ce portrait de la jeune fille en feu met face à face modèle et peintre - comme avant lui La belle noiseuse, dont il est un lointain cousin- et questionne la relation ambigüe entre muse et artiste. On sent poindre les questionnements propres à la réalisatrice : mettre une part de soi, saisir l’instant à l’insu de son « acteur », être réaliste. A travers ce portrait de la jeune fille en feu (jeu de mots sur la jeune fille en fleurs), Sciamma nous livre un autoportrait saisissant. Les cadres de la cinéaste n’ont jamais été aussi léchés; l’époque lui va bien. Que ce soit avec les scène de balades dans les dunes (qui n’ont font ostensiblement penser à du Jane Campion) ou les moments dans la cuisine, Céline Sciamma nous proposent de véritables tableaux animés.
sur cette part de soi qu’il faut mettre dans une oeuvre. « En livrant ce tableau, je te perds » est une des plus belles répliques qui résume la relation complexe entre l’actrice ou l’acteur et sa réalisatrice. En révélant au monde la grâce que le cinéaste est le premier à voir, il perd d’un coup et son pouvoir et la relation singulière qu’il a pu bâtir. Céline Sciamma, elle, gagne en maturité.

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Rédigé par Michael

Publié dans #sorties cinéma, #cinéma gay, #lesbien

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Publié le 19 Mai 2019

C'est la première fois que les Pays-Bas gagnent depuis 1975

Duncan Laurence, l’heureux gagnant de l'Eurovision 2019, a partagé un important message d'acceptation après sa victoire.
L'auteur-compositeur-interprète et ancien concurrent de " The Voice Of Holland " a envoyé un message de soutien à la communauté LGBTI. Il a expliqué que les gens devraient être vus pour qui ils sont indépendamment de leur sexualité et de leur identité de genre.
« Reste à qui tu es »

Alors que la gagnante de 2018, Netta, lui remettait l'emblématique trophée du microphone de verre de l'Eurovision, Laurence a déclaré :
« Je pense que le plus important, c'est que vous restiez fidèle à vous-même et que vous vous voyiez tel que je me vois, comme je vois Sergey, comme je vois Chris, je te vois, juste comme un être humain. »
« Comme toutes les personnes qui ont du talent, qui, avec ce trophée, dans quelques années s’en tiendront à ce qu’ils aiment – même s’ils ont une sexualité différente. »
Il a en outre ajouté : "Tenez-vous en à ce que vous aimez et exploitez-le au maximum, et aimez les gens comme ils sont. C'est le message le plus important. Rêve grand.


Laurence a fait son coming out bisexuel lors d'une conférence de presse.
Quand un journaliste lui a demandé ce que signifiait pour lui d’être « qualifié pour la finale », Duncan a déclaré : « Je ne suis pas qu'un artiste, je suis une personne, je suis un être vivant, je suis bisexuel, je suis un musicien, je défends les choses. Et je suis fier d'avoir l'occasion de montrer ce que je suis, qui je suis »

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Rédigé par Michael

Publié dans #programmes télé gay, #Musique, #Eurovision 2019

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Publié le 19 Mai 2019

Le cinquième opus de la collection Darkness, censure et cinéma examine sans doute l’un des sujets les plus controversés au cinéma, l’un des tout derniers tabous à subsister à l’écran : l’homosexualité.

Montrée, évoquée ou simplement suggérée, l’homosexualité à l’écran ne laisse jamais indifférent parce qu’elle exacerbe nos contradictions et ce que nous croyons être. En contournant les postulats, en revendiquant le droit à la différence, elle renvoie à l’idée de liberté totale. Elle fragilise nos certitudes et les préceptes de nos sociétés hétérosexuelles. Alors comment, dans ces conditions, parler d’homosexualité au cinéma sans risquer de provoquer ses pourfendeurs ou d’offenser ses défenseurs ? Quinze auteurs vont tenter de répondre dans cet ouvrage inédit.

L’homosexualité portée à l’écran demeure donc un sujet de discorde parce qu’il effraie la société qui, lorsqu’elle se sent menacée, attaque, ridiculise ou censure. Aux États-Unis, quand le cinéma hésite, la télévision s’amuse des interdits en les contournant par le rire et la dérision à l’instar de l’approche choisie par les concepteurs de la série Modern Family dont nous parle longuement Benjamin Campion. En France, si l’on excepte un cinéma d’auteur prometteur mais encore confidentiel, le cinéma grand public et la télévision qui le finance sombrent facilement dans l’excès en alimentant des clichés destinés à distraire un public familial largement hétérosexuel. Le personnage gay de Will dans la trilogie des Tuche (Olivier Baroux, 2011, 2016, 2018) ou encore le couple lesbien de Qu’est-ce qu’on a encore fait au bon Dieu ? (Philippe de Chauveron, 2019) sont les illustrations récentes et caricaturales d’un certain cinéma populaire qui joue avec de gros sabots.

Ce livre a pour ambition de vous faire parcourir les affres de la censure de l’homosexualité au cinéma et la permanence des regards qu’elle inspire. Des origines du genre à la complexité toujours d’actualité pour la représenter, l’homosexualité est un sujet singulier que l’on moque, que l’on promeut ou que l’on utilise mais qui jamais ne demeure sans saveur entre les mains des cinéastes.

 

à paraître le 10 juin 2019

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Rédigé par Michael

Publié dans #Livre gay, #cinéma gay

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Publié le 19 Mai 2019

Retrouvez la très belle interprétation de Leona Winter de la chanson d'Eddy de Pretto : kid.

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Rédigé par Michael

Publié dans #programmes télé gay, #Musique gay, #Drag-queen

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Publié le 18 Mai 2019

ANIARA

Nationalité Suédois
 
 
 
 
 
Après avoir fini d'exploiter la Terre, ce qui reste de la population humaine lance plusieurs vaisseaux dans l'espace pour transporter des colons vers leur nouvelle maison : Mars. Un de ces vaisseaux s'appelle Aniara. L'engin, qui ressemble à un immense centre commercial, offre tous les services nécessaires à satisfaire une société profondément consumériste et destructrice. Tout semble bien se passer jusqu'à ce qu'un accident le fasse dévier de sa trajectoire.

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Rédigé par Michael

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Publié le 18 Mai 2019

Une nouvelle série d'anticipation politique ambitieuse et très prometteuse.

HBO vient de dévoiler la bande-annonce officielle de son prochain drama britannique, intitulé Years & Years (ci-dessous). Une série politique d'anticipation, que montre ce que la Grande-Bretagne pourrait devenir, affectée par les changements radicaux survenus dans les domaines politiques, économiques et technologiques.

Créée par Russell T. Davies (ancien showrunner de Doctor Who), la série mettra en scène Emma Thompson, Anne Reid et Rory Kinnear, et suivra une famille ordinaire, les Lyon, au cours des 15 prochaines années. À mesure que la société évolue, plus rapidement que jamais, ils vont expérimenter tout ce que nous espérons du futur et aussi tout ce que nous craignons...

Years & Years débutera le 24 juin sur HBO et en France sur OCS.

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Rédigé par Michael

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Publié le 18 Mai 2019

Peut-on rester toujours le même, doit-on se réinventer, est-il permis de vieillir quand on est Pedro Almodóvar ?

Ce type aura 70 ans dans quelques mois. Le moment de se poser des questions, de regarder derrière soi comme on prend sa respiration. Le vingt-deuxième film de Pedro Almodóvar commence au fond de la piscine. En apnée. Tenir. Tenir. Tenir. Et enfin, tout laisser remonter à la surface. Être ou ne pas être Almodóvar, telle est la question. On ne le présente plus, avec sa bille de clown, ses cheveux en pétard, ses couleurs criardes, ses femmes en colère, en détresse, trop maquillées, trop belles, trop femmes, et les types flamboyants qui essaient de tenir l’écran face à elles. Depuis près de trente ans, il signe ses films « Almodóvar », sans prénom. Personne n’a osé ça avant lui. Ni Kubrick, ni Hitchcock, ni Godard (du moins en le systématisant). Pas vraiment besoin de titre, non plus. À quoi bon ? Celui-ci s’appelle Douleur et Gloire, mais on a dû revérifier sur internet une semaine après l’avoir vu. Un « Almodóvar », c’est mieux qu’une promesse, des certitudes, un parfum, un rendez-vous. Vingt-deux films en quarante ans, ça vous pose un cinéaste. Il tournait presque chaque année, au début, et puis le rythme a ralenti pour se caler sur un film tous les trois ans, désormais, comme un vieil athlète qui doit se ménager. Il le dit littéralement dans Douleur et Gloire : « Un tournage, c’est une épreuve physique, je ne m’en sens plus capable. » Enfin, ce n’est pas tout à fait lui qui le dit mais son alter ego fétiche, Antonio Banderas, qui joue ici un vieux réalisateur raplapla, au fond du trou, préférant rester chez lui fumer de l’héroïne avec un acteur junkie, plutôt que d’affronter son propre mythe lors d’un hommage à la Cinémathèque. Parce que, voyez-vous, c’est dur d’être condamné à la lumière, à l’excentricité, à une part de folie qui vous quitte peu à peu, en même temps que la jeunesse et la libido. Dur aussi d’être condamné à se répéter, d’une manière ou d’une autre, comme le premier auteur venu. Tu as vu le dernier Almodóvar ? Oui, pas mal, pas son meilleur... Combien de fois a-t-on entendu ça à la sortie d’un de ses films ? Combien de fois a-t-il su que c’était ce que les gens disaient, une fois les flashs éteints et les tapis rouges rangés jusqu’à l’année prochaine ?

PSYCHANALYSE SUR GRAND ÉCRAN
Avec le temps, Almodóvar est devenu sa propre prison, sa propre sentence, obligé d’être génial (Parle avec elle) ou de décevoir, obligé d’être lui-même jusqu’à sa propre lassitude, son propre épuisement. Un cinéaste comme lui a le droit de disparaître, bien sûr, mais a-t-il le droit de vieillir ? La question, douloureuse, est au cœur de ce film introspectif, à mi-chemin entre Amarcord et 8 et demi, qui mélange l’enfance et l’autoportrait d’un artiste en crise existentielle. Almodóvar doublement face à lui-même, enfermé dans des pièces sans fenêtres, entouré d’œuvres d’art et de murs peints aux couleurs de ses films, prisonnier de lui-même, de son art, de son impossibilité à se réinventer. Alors, il a recours à un truc vieux comme la page blanche : il fait un film sur cette impossibilité même, un vrai film psychanalytique, où il remonterait jusqu’au premier amour (sans doute la plus belle scène du film, deux barbes poivre et sel qui discutent du passé jusqu’au bout de la nuit) et, encore au-delà, au premier désir, sous le cagnard, quand on était enfant et que l’idée du sexe s’est matérialisée pour la première fois.

DOUBLE INSPIRATION
Douleur et Gloire remonte ainsi à l’origine des choses, l’enfance de l’artiste, l’enfance de l’art. Il le fait avec grâce et retenue, une émotion douce en rupture avec le « almodovarisme » habituel. Ce film va moins vite, moins fort, moins loin peut-être, mais il plonge plus profond que la plupart des précédents. C’est une oeuvre grisonnante, tournée par un homme qui en a plein le dos et trouve le temps qui passe de plus en plus dur à avaler. Un homme qui doit se convaincre que ce n’est pas fini, qu’il a encore quelque chose à dire et les ressources intimes pour le faire. Au fond de la piscine, il retient sa respiration. Bientôt, il faudra remonter. Et reprendre son inspiration... selon un double sens qui est le même en espagnol et en français. Avec elle reviendront les acteurs qui lui ont cassé les couilles, les souvenirs enfouis, les hommes qu’il a aimés, la mère tant adorée qui « détestait l’autofiction » et qui, quand on y pense, ne ressemblait pas le moins du monde à Penélope Cruz. Car ça, ne l’oublions pas, c’est la beauté du cinéma.

Douleur et gloire, en salles le 17 mai 2019

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Rédigé par Michael

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Publié le 18 Mai 2019

Cette comédie savoureuse et émouvante sur l’amitié toxique entre deux hommes a séduit le public d’Un Certain Regard ce matin

Sur le papier, ce premier long métrage américain avait tout du parfait petit fayot en cochant deux cases qui rendaient sa sélection cannoise inévitable. Il s’ouvre sur les routes montantes du col de Vence, non loin de Cannes, ce qui en fait une sorte de régional de l’étape. Et ses deux personnages principaux s’emploient à les gravir à vélo, péché mignon du patron de la sélection Thierry Frémaux ! On ne sait à quel hauteur ces deux atouts majeurs ont contribué à la présence de The Climb dans la section Un Certain Regard. Mais le choix se révèle judicieux: un de ces moments de détente sans prétention qui font toujours du bien au cœur d’une sélection cannoise très intense où résonnent en écho tous les malheurs de notre planète

Le réalisateur Michael Angelo Covino (qu'on retrouve aussi devant la caméra avec Kyle Marvin, amis de 10 ans dans la « vraie » vie et épatants comédiens) dit s’être beaucoup inspiré du cinéma français pour ce premier long et cite d’ailleurs à l’écran le trop peu connu Le Grand amour de Pierre Etaix, projeté dans un cinéma. Mais c’est aussi à Woody Allen qu'on pense beaucoup dans cette bromance où humour et sensibilité font bon ménage. Notamment dans ces dialogues bien sentis que s’envoient à la figure ses deux personnages principaux, Mike et Kyle. Deux amis d’enfance unis par un lien sans nuage jusqu’à ce que le premier annonce au second qu’il couche avec sa future fiancée. Cette scène d’ouverture - où les deux personnages escaladent donc en danseuse le col de Vence - donne le ton du film. Avec The Climb, Covino explore les méandres de l’amitié dans un mélange permanent de gravité et d’éclats de rire. Et s’aventure sur des chemins balisés en multipliant joyeusement les sorties de route. Avec la belle idée de montrer la toxicité que peut avoir une amitié trop forte quand l’un essaie de faire le bonheur de l’autre à tout prix, y compris en écartant les femmes avec qui celui- ci veut se mettre en couple au motif qu’elles ne seraient pas assez bien pour lui.

Alors certes le récit souffre ça et là de trous d’air. Mais Covino maîtrise l’art du tragi- comique de situation et sait pimenter ses scènes de dîner familial de saillies bien vachardes contre la future mariée, vue comme l’ennemie. Le tout sans la moindre facilité misogyne mais en donnant à l'inverse une vraie place pleine de nuances à l’élue du cœur de Kyle (Gayle Ranking, géniale), jamais réduite – bien au contraire – au seul rang d’empêcheuse de tourner en rond. Dans une journée riche en sommets (Douleur et gloire, J’ai perdu mon corps, Rocketman….), cette comédie émouvante et sans prétention réussit à trouver sa place.

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Rédigé par Michael

Publié dans #Cannes 2019, #sorties cinéma

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Publié le 18 Mai 2019

Dexter Fletcher filme la vie "officielle" d’Elton John à la façon d’une comédie musicale du West End, et c’est surexcitant.

Les biographies de stars, qu’elles chantent du rock ou pas, se divisent en deux grandes catégories : les "autorisées" et les "non autorisées". Rocketman, produit par Elton John, se range d’emblée dans la première catégorie, la biographie officielle, validée par leur sujet lui-même. Qui a accepté donc qu’on le mette en scène comme le narrateur de sa propre dépression, de son propre narcissisme et de ses addictions diverses – le film est raconté au cours d’une séance entre alcooliques dans une clinique où le chanteur, travesti comme un démon, se met peu à peu à nu et raconte sa carrière fulgurante. L’enfance, le père qui s’en va et la mère indifférente, la rencontre avec le piano et avec son parolier Bernie Taupin, puis la gloire planétaire, la drogue, l’homosexualité, tout y passe, jusqu’à l’épiphanie et la promesse de se pardonner à soi-même pour avancer. Soit ça, soit le suicide et l’autodestruction. Bref, le programme classique d’une star du rock d’après-guerre. Mais ce qui fait le prix de Rocketman, c’est que le film assume pleinement son statut de biopic pop et devient une comédie musicale authentique, où les acteurs chantent eux-mêmes des versions réorchestrées des tubes d’Elton lors d’électrisantes séquences dansées, justement kitsch et follement divertissantes.

Rocketman possède toute la flamboyance la joie qui manquaient à Bohemian Rhapsody, la comparaison avec ce dernier est inévitable puisque le réalisateur Dexter Fletcher a terminé le biopic de Freddie Mercury à la place de Bryan Singer. Mais Fletcher avait aussi tourné Eddie the Eagle, biopic pas terrible sur un skieur anglais nul à lunettes, interprété par Taron Egerton : ce dernier incarne avec un charme et une énergie folles un Elton John arlequin, vortex autour duquel tourbillonne les tout aussi charmants et énergiques Jamie Bell (le parolier Bernie Taupin), Richard Madden (le manager/amant roublard John Reid incarné en moins requin par Aidan Gillen dans Bohemian Rhapsody)…

A la façon d’une comédie musicale du West End transformant sa matière musicale en énergie scénique pure (le film est d’ailleurs écrit par Lee Hall, qui a adapté Billy Elliott sur scène avec une musique d’Elton John),Rocketman ne cherche pas finalement pas une quelconque vérité sur Elton John, mais la beauté et la joie, un peu dans la lignée de ce que voulait faire Clint Eastwood avec Jersey Boys. Si l’on voit les mécanismes, mais c’est également l’un des traits des musicals de nous montrer qu’au cinéma tout est mécanisme, ordonnance, machinerie, chorégraphie.

Présenté hors compétition au 72ème Festival de Cannes, Rocketman est en salles le 29 mai

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Rédigé par Michael

Publié dans #Biopic, #Cannes 2019, #sorties cinéma, #cinéma gay

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