Zone sensible

Publié le 17 Juin 2007

 

 

CHAP.1

 

 

Il faisait une chaleur étouffante cet après-midi d'avril et Michaël était songeur. Le cours de philo qu'il était en train de suivre était tellement loin de ce qui le préoccupait en ce moment, qu'il n'écoutait pas vraiment. Son regard se perdait au-delà des vitres sales, vers un point que lui seul pouvait apercevoir.

Quand la sonnerie retentit, après un bref brouhaha, il sortit de sa stupeur et son esprit revint à la réalité. Son ventre se mit à faire des bruits gênant, ce qui lui rappela qu'il était temps d’aller manger. Il préféra se trouver une place sous un arbre, plutôt que de fréquenter le restau U hyper bondé de l’université de Nanterre.

 

Michaël était un jeune homme de 19 ans, très solitaire. Il arrivait de province et ne s'était pas encore fait beaucoup d'amis. En fait, il n'y tenait pas trop. Il vivait seul dans un vieil HLM et recevait régulièrement de l'argent de ses parents pour payer ses études de droit.

 

Cet instant de calme fut perturbé par l'arrivée de jeunes en scooter. On l’avait m’y en garde, car ils appartenaient à une bande de la citée voisine, extrêmement violente.

Sa première réaction avait été d'envisager la fuite, mais il ne voulait pas montrer qu’il avait peur. L'un des jeune beur s'arrêta juste devant lui et stoppa le bruit assourdissant que faisait sa machine trafiquée. Michaël fut surpris de voir un visage aussi angélique sous cette allure de voyou :

 

-"T’es nouveau, n'est-ce pas ?"Michaël fit un signe affirmatif de la tête. Ces trois compagnons étaient en train de tourner autour d'une fille un peu plus loin :

-"J’sais pas si t’es au courant, mais ce campus est réputé très dangereux et j’crois pas que t’as d'assurance vie?

- Une assurance vie?

- Contre 50 € par mois on peut assurer ta sécurité " Michaël éclata de rire. Combien de fois avait-il eu affaire à ce genre de rackette ? Déjà au lycée des petits merdeux avaient tenté leur coup. L'inconnu parut surpris de sa réaction et ressenti une certaine admiration pour son courage voir son inconscience :

-"OK mec, je t'aurai prévenu.

- Toi et tes potes vous ne me faites pas peur ! Vous n’êtes qu’une bande de petits ringards qui joue les terreurs !!" Le jeune homme remit son scooter en marche et parti avec ses compagnons en ne laissant derrière lui qu'un amas de poussières.

Michaël se sentit soulagé, car malgré tout ce qu'il avait pu dire, il était mort de trouille. Il connaissait trop bien ce genre de bande pour s'en méfier.

 

 

Le temps repris son cours et Michaël oublia cet incident sans pour autant effacer de sa mémoire le visage angélique de l'inconnu.

La nuit tomba rapidement sur la fac pourtant  Michaël n’était pas vraiment pressé de rentrer dans son petit studio trop exigu.

A peine venait-il de faire quelques mètre en direction du R.E.R qu’un groupe de jeunes capuches sur la tête, arriva rapidement à sa hauteur. Il aurait aimé pouvoir s'enfuir cette fois, mais il était acculé au bout du quai et pas de train en vue. Des bruits de chaînes teintèrent à ses oreilles et un frisson de terreur lui parcouru le corps. Il regrettait à présent d'avoir refusé l'assurance vie. Maintenant il était sur le point de se faire salement amocher.

A son grand étonnement, le jeune homme qu’il l’avait abordé sur le campus, s’adressa à ses copains. Il sentit son coeur tressaillir et la sueur perler sur son front :

 

-"Foutez-lui la paix, je m’en occupe" Sur ces quelques mots, toute la bande repartit. Après la peur un sentiment d'incompréhension fit place en lui :

-"Pourquoi as-tu fait ça pour moi ?" Le jeune homme s'approcha un peu plus de Michaël :

-"Moi c'est Samir et toi ?

- Michaël, mais ça ne répond pas à ma question.

- J'ai été impressionné par ton aplomb l'autre jour alors j'ai décidé de te donner un coup de main.

- Et c'est tout!" Samir ne savait même pas ce qui l'avait poussé à agir de la sorte envers quelqu'un qui était un parfait étranger. Si sa bande découvrait qu'il leur avait menti, il ne donnait pas cher de sa peau :

-"Ecoutes Michaël, ne cherches pas à comprendre et estimes toi heureux de ne pas avoir de bobos." Après un instant de réflexion, il regarda bien Samir dans les yeux :

-"Pourquoi restes-tu avec eux ? Tu n'es pas de leur espèce.

- Qu'est-ce que t’en sais ?

- Tu ne m'aurais pas sauvé ainsi si tu étais comme eux." Samir n'avait pas envie de discuter plus longtemps et repartit en courant aussi loin que possible de ce garçon qui l'attirait tant.

 

 

CHAP.2

 

 

 

Il se passa une bonne semaine avant que Michaël n'entende de nouveau parler de la bande de la citée.

Il était descendu en bas de son immeuble pour vider les poubelles, lorsqu’il entendit des bruits de verres brisés, comme une bagarre. Il aperçut quatre jeunes cagoulés en train de s'acharner sur un autre jeune. Michaël fini par reconnaître le visage de Samir.

Il fut pris d'effroi, recula et trébucha sur une poubelle, ce qui fit un vacarme épouvantable. Les quatre jeunes surpris s'enfuirent en laissant derrière eux leur victime. Michaël se précipita à ses côtés, l'aida à se relever et l'emmena chez lui pour le soigner.


Samir avait été bien amoché, Il avait horriblement mal à la tête et avait l'impression d'être passé sous un bulldozer. Michaël alla lui chercher une aspirine et quelques pansements. Samir essaya de se lever mais le sol se mit à tourner. Michaël l’obligea à rester assit et vint à ses côtés décidés à en savoir plus :

-"Alors tu veux que l'on en parle ?

- Non, j'aurai mieux fait de te laisser l'autre jour. Maintenant j’me suis mis ma famille à dos !!

- T’appels ça une famille ?! Après ce qu’ils t’ont fait ?

- Lâches-moi mecs, tu peux pas comprendre. Tout ça c’est ta faute,  j’aurai du les laisser te crever !" Il se détourna vers la fenêtre, la discussion était close. Michaël le laissa partir. Mais il se promit de tout faire pour aider Samir à sortir de ce gang. Il y avait quelque chose dans ce garçon qui le troublait. Il avait du mal à cerner sa personnalité. Pourtant il était convaincu que sous cette armure se trouvait un jeune homme fragile et sensible.

 

Les jours suivant, Michaël chercha à en savoir plus sur la vie de Samir. D’où il venait et ce qui l’avait poussé à intégrer cette bande. Il n’avait rien d’un de ces zonares qui traînent à longueur de journée en bas des cages d’escaliers.

Il trouva à la fac un type qui le connaissait bien car ils avaient grandit dans la même citée. Il venait d’une famille d’immigrant du sud tunisien. Le père et la mère travaillaient comme des forcenés pour que leurs enfants aient une bonne éducation et s’en sorte dans ce pays. Il avait 4 sœurs et était le seul garçon. Il avait réussi à passer son bac et avait commencé sa première année ici même à la fac. Puis au bout de quelques mois il était parti en vrille pour une raison inconnue. Sa famille l’avait rejetée, il avait abandonné ses études et intégré cette bande de voyou.

Michaël sentait qu’un drame était sûrement venu et bouleversé sa vie, au point qu’il avait trouvé refuge dans cette pseudo famille.

 

Alors qu'il était plongé dans un profond sommeil, Michaël fut réveillé en sursaut par la sonnerie de l’interphone. Il jeta un coup d'oeil sur le réveil, il était 1 heure du matin. Encore à moitié endormie, il reconnut la voix pâteuse de Samir. Il avait du toucher à la drogue et ne semblait pas dans son état normal.

Michaël n'éprouvait pas de pitié pour cet ange déchu, mais plutôt de la compassion. Lui-même avait connu, il y a quelques temps, une crise existentielle, rejetant tout et tout le monde pour des raisons qu'il croyait à mille lieux des soucis de Samir.

Sans la moindre hésitation, il lui ouvrit sa porte. Il tenait à peine debout. Ses cheveux d’un brun foncé étaient tous ébouriffés et son teint pâle faisait ressortir la noirceur de ses yeux marron.

Il le traîna jusqu’à sa chambre et à peine allongée sur le lit, Samir s’écroula comme une masse. Michaël s’allongea à ses côtés. Il resta un long moment, simplement là, à le regarder. Alors qu’il commençait à s’assoupir, Samir commença à bouger dans tous les sens. Visiblement il faisait un cauchemar. Une larme se mit à couler le long de sa joue. Un nom s'échappa de ses lèvres "Médhi" suivi de "Michaël".

Ce dernier fut envahi par un sentiment de tendresse pour ce jeune homme à l'âme si tourmentée. Il approcha sa main de ce visage d’ange et lui caressa la joue, comme pour apaiser ses souffrances. Celui-ci sembla se calmer, il était paisible à présent. Michaël tombait de fatigue. Il s'allongea près de Samir et s'endormit à son tour.

 

Samir fut réveillé par les rayons du soleil qui filtraient à travers les rideaux. Il dut attendre une bonne dizaine de minutes avant de retrouver ses esprits. C'est alors qu'il remarqua le corps de Michaël à ses côtés. Il se pencha vers lui au moment ou celui-ci ouvrait les yeux. Il arbora un magnifique sourire, ce qui le troubla. Ce dernier se leva précipitamment, bien décidé à quitter ces lieux. Michaël essaya de le retenir :

 

-"Ecoutes, si tu me disais ce qui ne va pas ?

- Je n'ai pas besoin d’un bon samaritain !"Michaël se leva à son tour et lui agrippa le bras :

-"De quoi as-tu peur ? Qui essaies-tu de fuir ?!

- Fou moi la paix!" Il se dégagea violemment et une bagarre éclata entre les deux hommes. Michaël fut projeté par terre, Samir se précipita sur lui pour le plaquer au sol. A bout de souffle, Michaël cessa de résister.

Samir sentait le souffle chaud de Michaël sur son visage. Il ne pouvait détacher son regard du sien. Finalement il se releva, s'assit sur le canapé et se mit à pleurer comme un enfant blessé. Michaël aurait aimé trouver les mots pour le soulager mais rien ne sortait. Samir s'essuya les yeux et fini par se décider à tout raconter. Cela faisait trop longtemps qu'il gardait ça au fond de lui et sa finissait par le ronger de l'intérieur :

 

-"Il y a un an, j'ai fait la connaissance d'un garçon, Médhi. On partageait le même TP à la fac.. Il chercha dans les yeux de Michaël le courage de continuer :

-"On était vraiment très proche. J’ai fini par me rendre compte que j’éprouvais pour lui bien plus que de l’amitié. Dans ma culture c’est pire qu’un péché de ressentir de l’attirance pour quelqu’un du même sexe". Il ne lut aucun mépris sur le visage de l'homme qui lui faisait face et lui en était reconnaissant :

-"On a eu une aventure, mais même aussi prudent que nous étions, mon père a fini par l’apprendre. J’ai jeté la honte sur ma famille. J’avais déshonoré mon nom. La famille de Médhi a très mal réagit aussi, et il l’on ramené au pays pour le marier. Il n’a pas eu le courage de s’opposer aux traditions. Moi j’ai refusé un mariage arrangé, alors mon père m’a chassé. »Michaël comprenait mieux à présent le désarroi de son ami :

 

-"Depuis ce jour je me suis juré de plus jamais toucher à un autre homme. Alors je suis entrée dans cette bande, car ils représentaient tout ce que je n'étais pas. Je voulais... Je ne sais plus ce que je voulais." Leurs regards s'accrochèrent un long moment :

-"Maintenant il vaut mieux que je parte" Michaël aurait voulu lui crier de rester mais il savait que Samir devait résoudre seul son problème et accepter enfin ce qu'il était. Il était passé par-là, lui aussi.

 

 

 

 

 

 

CHAP.3

 

 

 

Michaël ne revit pas Samir pendant près de trois semaines. Il avait souffert de son départ et de son silence. Bien plus qu'il ne l'imaginait. Il essaya de l'oublier, mais en vain. A plusieurs reprises il voulut le contacter mais c'était ravisé. Il avait trop peur de se sentir rejeté par celui dont il était tombé amoureux. Il finit par le croiser dans le mégaCGR du coin, un soir. Mais celui-ci l'ignora, ce qui le blessa. Visiblement Samir avait fait son choix.

 

Il se plongea dans son travail pour ne plus y penser. Mais il reçut des menaces de mort de la bande de la citée qui n'avait pas apprécié qu'il débauche un des leurs. 
En effet, Samir avait fini par quitter ses « amis » et avait trouvé un petit boulot dans une grande enseigne. Michaël avait peur pour sa sécurité. Aussi  alla t’il trouver la police et pour porter plainte contre eux. Les flics étaient ravis, ils attendaient cela depuis longtemps. Michaël  ne se rendait pas compte dans quoi il mettait les pieds.

 

Les grandes vacances approchaient ainsi que les examens de fin d'année. Michaël décida de s'offrir une soirée de repos sur Paris. Il se rendit dans une boîte gay branchée de la capitale. Malgré tous les sympathiques et charmants garçons qui se trémoussaient autour de lui, seul Samir occupait tout son esprit. Il décida de rentrer et d’aller le trouver afin de lui avouer ce qu’il ressentait pour lui.

Le lendemain, il se rendit à son travail. Visiblement gêné, Samir lui donna rendez-vous plu tard, dans la soirée, dans un parc un peu isolé.

Toute la journée, Michaël avait ressassé tout ce qu’il voulait lui dire. A quel point il le trouvait beau. Que la différence de culture lui importait peu et qu’ensemble ils pouvaient être plus fort face à l’intolérance du monde et de la religion.

 

Une fois face à lui plus aucun mot ne voulait sortir de sa bouche. Mais c’était sans importance car Samir l’enlaça et l’embrassa fougueusement sur la bouche. C’était comme si plus rien, ni personne n’existait autour d’eux. Ils étaient tellement absorbés par leur passion naissante qu’ils ne s’étaient pas rendu compte qu’on les observait. Des jets de cailloux stoppèrent net leur étreinte. Une dizaine de jeunes de la bande de la citée les avaient repérées. Ecoeuré par cette vision de deux hommes s’embrassant, les insultes fusèrent ainsi que les menaces. 

Les deux jeunes garçons s’enfuirent à grandes enjambées. Samir était venu en voiture. Ils réussirent à l’atteindre et à démarrer en trombe.

A peine venaient-ils de rouler sur quelques kilomètres que Samir repéra dans son rétroviseur les scooters du gang :

 

-"Il faut les semer, accroches toi, Michaël !

- Allons à la police !!

- Nous n'y arriverons jamais entier" Samir appuya sur le champignon mais la vieille guimbarde se traînait lamentablement.

Les motards ne tardèrent pas à les rattraper. Plusieurs jetèrent des canettes de bières vides sur les vitres de la voiture, qui explosèrent sous l'impact :

 -"Ils vont nous tuer ces fumiers !!

- Non je vais nous tirer de là, je te le jure.

- J'aimerai pouvoir te croire. Tout est de ma faute. Pardonnes-moi." Samir essaya de garder son sang-froid.

Un des jeunes arriva à la hauteur de Samir. Il avait une énorme chaîne à la main et avec une violence effroyable il la projeta à travers la vitre. Samir s'écroula, le visage en sang, sur le volant. La voiture fit une embardée avant de tomber en contrebas d’un chenal.

Une fois leur mission accomplie, ils partirent en laissant les deux jeunes hommes inconscients dans leur voiture, qui avait fini sa course sur le toi.

 

Tout s'était passé si vite, des images défilaient à toute vitesse dans la tête de Samir. Il revoyait Michaël, et Médhi. Durant plusieurs mois il avait lutté contre les sentiments qu'il éprouvait envers Michaël. Pourtant à cet instant précis, alors qu’il s’était vu mourir, il compris qu’il se sentait prêt à lutter contre l’intolérance pour vivre un amour auquel il avait droit.

 

Il réussit avec difficulté à sortir de la voiture puis essaya de dégager Michaël. Ce dernier perdait beaucoup de sang. Il le traîna sur quelques mètres. Il était déboussolé par les événements.

Samir se précipita sur la route et arrêta un automobiliste qui appela les secours. Il retourna auprès de Michaël qui était de plus en plus mal. Il s'agenouilla à ses côtés et se mit à lui parler pour le garder conscient. Il avait l'estomac noué. Il prit la main de Michaël et la serra fortement. Des larmes mêlées au sang coulèrent sur son visage :

 

-" Michaël il faut que tu vives !J'ai refusé ton aide car je croyais pouvoir m'en sortir seul mais j'avais tort. J'ai besoin de toi Il y a tellement de choses que nous avons à partager et connaître ensemble... C'est trop bête !!Je... t'aime.." Samir savait que Michaël l'entendait pourtant il sentait que ce dernier s'éloignait de lui peu à peu.

Le bruit des sirènes retentir dans la nuit. Très vite des policiers et l’ambulance arrivèrent sur place. 
Quelques minutes plus tard, Samir se retrouva dans la salle d'attente de l'hôpital et Michaël en salle d'opération.

Le cours du temps se figea. Chaque seconde durait des minutes et chaque minute des heures. Un médecin s'approcha de Samir. Son coeur battait si fort qu'il avait l'impression que sa poitrine allait exploser :

 

-"Docteur, comment va t'il ??!!"Le médecin retira ses lunettes et son air cérémonieux empli Samir d'effroi :

 

-"Je suis désolé pour votre ami, mais nous n'avons pas réussi à stopper l'hémorragie interne" Le monde s'écroula sous ses pieds. Quelque chose en lui se brisa. Son esprit s'embrouilla puis tout devint clair.

 Il sortit de cet endroit qui lui donnait la nausée. Il alla trouver un ami qui lui vendit  une arme à feu.Aucune émotion ne pouvait se lire sur son visage. Pourtant au fond de lui, le plus grand des conflits étaient en train de se jouer.

Il connaissait toutes les planques de son ex-bande. Il hésitât un cours instant et pris sa décision. Maintenant sa détresse avait laissé la place à une haine sauvage.

Après avoir fait le tour de tous les endroits connus, il finit par les trouver dans une sorte de hangar abandonné.

Il ne s'était pas trompé. Les cinq jeunes qui les avaient agressés étaient affalés sur le plancher, complètement défoncés.

Samir entra sans faire de bruits et s'approcha du jeune homme qui était responsable de l'accident de voiture. Jérémie avait à peine 17 ans et déjà un casier judiciaire aussi gros qu'un annuaire. Samir l'obligea à se relever afin de le regarder droit dans les yeux. Il introduit le canon de l'arme dans sa bouche. Jérémie qui gémissait et le suppliait de ses grands yeux de le laisser vivre. Mais Samir ne voyait en lui que l'animal qui avait détruit toutes ses chances de connaître enfin le bonheur d'être aimé par une personne sincère.

De toute façon quel avenir s’offrait à lui en tant qu'homosexuel et musulman ? Il ne voulait plus souffrir. Il revit le visage de Médhi puis celui de Michaël, des larmes ruisselèrent sur ses joues. Il réalisa alors que le jeune homme en face de lui n’avait aucune conscience de ses propres actes. Ce dernier avait réagit comme on lui avait enseigné de faire face à l’homosexualité. C’est-à-dire avec toute la violence que peux engendrer l’ignorance.

Il relâcha son étreinte et parti sans se retourner. 

Fin

 

 

Rédigé par Michael

Publié dans #nouvelles gays

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