Théatre gay "Gouttes d'eau dans l'océan"

Publié le 22 Février 2010

(c) DR

Gouttes dans l’océan
    Pièce de R.W. Fassbinder

Allemagne, années 70. Léopold, une trentaine d’année, ramène chez lui Franz étudiant fauché de dix ans son cadet, fiancé à Anna. Ce dernier s’installe et commence alors l’enfer… Une fable cruelle sur le couple et la société de consommation, jusqu ‘au 5 mars au Théâtre Mouffetard à Paris. Grâce à une mise en scène très audacieuse et à la fraicheur des comédiens, ce texte de Fassbinder acquiert une nouvelle jeunesse !


Fassbinder résumait cette pièce ainsi : une comédie avec fin pseudo tragique. Elle met en jeu, comme au casino, quatre personnages, deux hommes et deux femmes, qui chercheront ensemble la combinaison d’une impossible martingale amoureuse. 
Puis viendront Anna et Véra. Se mettra alors en place un huis clos ouvert, décomplexé, nerveux et méchamment drôle, intime et démesuré à la fois.
Les couples se font et se défont, comme joués aux dés. Jusqu’au dénouement…
Une fable simple, cruelle, efficace, avec coup de foudre et déliquescence, abandon et jeux dangereux, jusqu’à l’oubli.

Sur scène, les personnages sont épurés à l’extrême, les dialogues vifs, les répliquent cinglent et font mal, et puis arrive comme une seconde décharge de courant, une pièce clandestine qui échappe aux personnages, les dépasse, les submerge, et nous surprend dans son halo. La mise en scène est résolument inventive, audacieuse et va piocher dans le théatre expérimental des années 70 quelques réminiscences (écrans de plasma où défilent des reclames absurdes et ringuardes). Mention spéciale pour la B0 empruntée à Haendel qui souligne l’aspect ridiculement absurde (encore une fois) de la pièce.
Et doucement, l’on endosse l’habit du voyeur, avec un plaisir culpabilisant d’être éclaireur, d’aller trop loin, cruellement, innocemment. Et puis il y a enfin cet humour sauvage et qui sauve de tout, un humour terriblement noir, féroce, fait de lucidité et de dérision, l’humour des personnages et celui du dramaturge face au petit laboratoire de comédie humaine qu’il met en place.
On rit, dérouté par ce qui ressemble tout d’abord à un sitcom terriblement sentimental qui se transforme en une tragédie amoureuse authentiquement provocatrice.

source lalucarne

Rédigé par Michael

Publié dans #théatre et culture

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