Cannes 2013 : un certain regard sur l'homosexualité

Publié le 20 Mai 2013

Cannes 2013 : un certain regard sur l'homosexualité

Si la loi sur le mariage homosexuel fait toujours débat en France, le cinéma, lui, l'a déjà largement célébrée.

« Il faudrait faire en sorte que l'homosexualité ne soit plus un sujet en soi »nous confiait Alain Guiraudie, rencontré pour évoquer son Inconnu du lac qui, à Cannes, ne l'est pas longtemps resté. Présenté vendredi à Un Certain Regard, son thriller existentiel qui filme le désir fou d'un homme pour un autre homme sans se priver de montrer fellation et éjaculation à l'écran a gentiment remué la Croisette. Car, n'en déplaise au cinéaste aveyronnais, l'homosexualité reste un sujet, d'autant plus quand elle est à ce point physiquement et frontalement mise en scène.

Comme en écho au débat qui agite la société française depuis des mois autour de la loi sur le mariage pour tous, promulguée samedi matin, l'amour homosexuel est abondamment représenté dans cette édition du Festival de Cannes. Après les amants fatals de Guiraudie, les festivaliers découvriront les amours saphiques de deux jeunes femmes dans La Vie d'Adèle, le nouveau film d'Abdellatif Kechiche adapté du roman graphique de Julie Maroh, Le Bleu est une couleur chaude. En plus d'être a priori sexuellement explicite, cette histoire du trouble d'une ado face à son attirance pour une jeune femme aux cheveux bleus et la romance qui s'en suit, prend en partie en charge la dimension politique de la question homosexuelle à travers le personnage de Léa Seydoux, militante du mouvement LGBT (Lesbiennes, Gays, Bisexuels et Trans).

Mais il n'y a pas que les cinéastes français qui participent au débat. La présentation du dernier film de Steven Soderbergh, qui aurait été jugé trop gay par Hollywood et dont aucun studio n'aurait voulu, pourrait indirectement apporter sa pierre à l'édifice. Dans Ma vie avec Liberace, le cinéaste américain adapte le récit qu'a fait l'amant du pianiste flamboyant, star du music hall des années 1960 morte du Sida en 1987, de leur liaison passionnelle. Sans aucun doute moins graphique que Guiraudie, Soderbergh frappera les esprits par le choix de ses acteurs pour incarner ce couple homo, deux grandes stars hétéros du cinéma hollywoodien : Michael Douglas dans la peau du pianiste et Matt Damon dans celle de son amant. La récente couv du magazine New York, sur laquelle le visage du très viril acteur de Basic Instinct s'affiche en icône queer, apparaît d'ailleurs comme un acte militant.

source première

Rédigé par Michael

Publié dans #Cannes 2013, #homosexualité

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