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Publié le 20 Mai 2019

Céline Sciamma présentait en compétition Portrait de la jeune fille en feu, film incandescent sur le désir des femmes. On s'enflamme pour Adèle Haenel et Noémie Merlant.

Heloïse ne veut pas se marier à un inconnu. Aujourd’hui, personne ne lui nierait ce droit. Cela n’a pas toujours été le cas. Dans la France du XVIII e siècle, elle doit se conformer à la volonté de sa mère qui a décidé de faire épouser à cette Bretonne amoureuse de la nature un riche Milanais. Pire, elle doit poser pour un portrait qui sera expédié à son prétendant afin que ce dernier la trouve à son goût. C’est un choc pour la jeune fille qu’on vient de sortir du couvent. Telle a longtemps été la condition de la femme: le mariage ou le couvent.


Surprenante Adèle Haenel

Quelle bonne idée d’avoir confier à Adèle Haenel le rôle de cette jeune femme encore pure et obéissante dont la seule défense est la colère. On a l’habitude d’apprécier l’actrice dans des personnages forts et farouches. La voir plus docile nous révèle une autre facette de la comédienne, toujours aussi juste, dont le regard inquisiteur en dit long.
Une femme - et ce n’est pas un hasard, une artiste - va l’initier à la la liberté. En effet, la mère de la future mariée (Valeria Golino) a commandité ce portrait à un peintre. Un premier a échoué devant le refus de la jeune fille de poser. Le deuxième est une femme, qui cherche, elle aussi, à s’affranchir de sa condition et des préjugés sur son sexe. Noémie Merlant est parfaite. L’actrice révélée par L’orpheline avec un bras en moins, devenue une jeune radicalisée dans Le ciel attendra, tient là un de ses plus beaux rôles. Les deux actrices nous offrent une incandescente histoire d’amour qui se consume à mesure qu’elle permet aux héroïnes d’accéder à une nouvelle étape de leur vie.

Muse et artiste
Ce portrait de la jeune fille en feu met face à face modèle et peintre - comme avant lui La belle noiseuse, dont il est un lointain cousin- et questionne la relation ambigüe entre muse et artiste. On sent poindre les questionnements propres à la réalisatrice : mettre une part de soi, saisir l’instant à l’insu de son « acteur », être réaliste. A travers ce portrait de la jeune fille en feu (jeu de mots sur la jeune fille en fleurs), Sciamma nous livre un autoportrait saisissant. Les cadres de la cinéaste n’ont jamais été aussi léchés; l’époque lui va bien. Que ce soit avec les scène de balades dans les dunes (qui n’ont font ostensiblement penser à du Jane Campion) ou les moments dans la cuisine, Céline Sciamma nous proposent de véritables tableaux animés.
sur cette part de soi qu’il faut mettre dans une oeuvre. « En livrant ce tableau, je te perds » est une des plus belles répliques qui résume la relation complexe entre l’actrice ou l’acteur et sa réalisatrice. En révélant au monde la grâce que le cinéaste est le premier à voir, il perd d’un coup et son pouvoir et la relation singulière qu’il a pu bâtir. Céline Sciamma, elle, gagne en maturité.

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Rédigé par Michael

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Publié le 18 Mai 2019

ANIARA

Nationalité Suédois
 
 
 
 
 
Après avoir fini d'exploiter la Terre, ce qui reste de la population humaine lance plusieurs vaisseaux dans l'espace pour transporter des colons vers leur nouvelle maison : Mars. Un de ces vaisseaux s'appelle Aniara. L'engin, qui ressemble à un immense centre commercial, offre tous les services nécessaires à satisfaire une société profondément consumériste et destructrice. Tout semble bien se passer jusqu'à ce qu'un accident le fasse dévier de sa trajectoire.

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Rédigé par Michael

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Publié le 18 Mai 2019

Peut-on rester toujours le même, doit-on se réinventer, est-il permis de vieillir quand on est Pedro Almodóvar ?

Ce type aura 70 ans dans quelques mois. Le moment de se poser des questions, de regarder derrière soi comme on prend sa respiration. Le vingt-deuxième film de Pedro Almodóvar commence au fond de la piscine. En apnée. Tenir. Tenir. Tenir. Et enfin, tout laisser remonter à la surface. Être ou ne pas être Almodóvar, telle est la question. On ne le présente plus, avec sa bille de clown, ses cheveux en pétard, ses couleurs criardes, ses femmes en colère, en détresse, trop maquillées, trop belles, trop femmes, et les types flamboyants qui essaient de tenir l’écran face à elles. Depuis près de trente ans, il signe ses films « Almodóvar », sans prénom. Personne n’a osé ça avant lui. Ni Kubrick, ni Hitchcock, ni Godard (du moins en le systématisant). Pas vraiment besoin de titre, non plus. À quoi bon ? Celui-ci s’appelle Douleur et Gloire, mais on a dû revérifier sur internet une semaine après l’avoir vu. Un « Almodóvar », c’est mieux qu’une promesse, des certitudes, un parfum, un rendez-vous. Vingt-deux films en quarante ans, ça vous pose un cinéaste. Il tournait presque chaque année, au début, et puis le rythme a ralenti pour se caler sur un film tous les trois ans, désormais, comme un vieil athlète qui doit se ménager. Il le dit littéralement dans Douleur et Gloire : « Un tournage, c’est une épreuve physique, je ne m’en sens plus capable. » Enfin, ce n’est pas tout à fait lui qui le dit mais son alter ego fétiche, Antonio Banderas, qui joue ici un vieux réalisateur raplapla, au fond du trou, préférant rester chez lui fumer de l’héroïne avec un acteur junkie, plutôt que d’affronter son propre mythe lors d’un hommage à la Cinémathèque. Parce que, voyez-vous, c’est dur d’être condamné à la lumière, à l’excentricité, à une part de folie qui vous quitte peu à peu, en même temps que la jeunesse et la libido. Dur aussi d’être condamné à se répéter, d’une manière ou d’une autre, comme le premier auteur venu. Tu as vu le dernier Almodóvar ? Oui, pas mal, pas son meilleur... Combien de fois a-t-on entendu ça à la sortie d’un de ses films ? Combien de fois a-t-il su que c’était ce que les gens disaient, une fois les flashs éteints et les tapis rouges rangés jusqu’à l’année prochaine ?

PSYCHANALYSE SUR GRAND ÉCRAN
Avec le temps, Almodóvar est devenu sa propre prison, sa propre sentence, obligé d’être génial (Parle avec elle) ou de décevoir, obligé d’être lui-même jusqu’à sa propre lassitude, son propre épuisement. Un cinéaste comme lui a le droit de disparaître, bien sûr, mais a-t-il le droit de vieillir ? La question, douloureuse, est au cœur de ce film introspectif, à mi-chemin entre Amarcord et 8 et demi, qui mélange l’enfance et l’autoportrait d’un artiste en crise existentielle. Almodóvar doublement face à lui-même, enfermé dans des pièces sans fenêtres, entouré d’œuvres d’art et de murs peints aux couleurs de ses films, prisonnier de lui-même, de son art, de son impossibilité à se réinventer. Alors, il a recours à un truc vieux comme la page blanche : il fait un film sur cette impossibilité même, un vrai film psychanalytique, où il remonterait jusqu’au premier amour (sans doute la plus belle scène du film, deux barbes poivre et sel qui discutent du passé jusqu’au bout de la nuit) et, encore au-delà, au premier désir, sous le cagnard, quand on était enfant et que l’idée du sexe s’est matérialisée pour la première fois.

DOUBLE INSPIRATION
Douleur et Gloire remonte ainsi à l’origine des choses, l’enfance de l’artiste, l’enfance de l’art. Il le fait avec grâce et retenue, une émotion douce en rupture avec le « almodovarisme » habituel. Ce film va moins vite, moins fort, moins loin peut-être, mais il plonge plus profond que la plupart des précédents. C’est une oeuvre grisonnante, tournée par un homme qui en a plein le dos et trouve le temps qui passe de plus en plus dur à avaler. Un homme qui doit se convaincre que ce n’est pas fini, qu’il a encore quelque chose à dire et les ressources intimes pour le faire. Au fond de la piscine, il retient sa respiration. Bientôt, il faudra remonter. Et reprendre son inspiration... selon un double sens qui est le même en espagnol et en français. Avec elle reviendront les acteurs qui lui ont cassé les couilles, les souvenirs enfouis, les hommes qu’il a aimés, la mère tant adorée qui « détestait l’autofiction » et qui, quand on y pense, ne ressemblait pas le moins du monde à Penélope Cruz. Car ça, ne l’oublions pas, c’est la beauté du cinéma.

Douleur et gloire, en salles le 17 mai 2019

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Rédigé par Michael

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Publié le 18 Mai 2019

Cette comédie savoureuse et émouvante sur l’amitié toxique entre deux hommes a séduit le public d’Un Certain Regard ce matin

Sur le papier, ce premier long métrage américain avait tout du parfait petit fayot en cochant deux cases qui rendaient sa sélection cannoise inévitable. Il s’ouvre sur les routes montantes du col de Vence, non loin de Cannes, ce qui en fait une sorte de régional de l’étape. Et ses deux personnages principaux s’emploient à les gravir à vélo, péché mignon du patron de la sélection Thierry Frémaux ! On ne sait à quel hauteur ces deux atouts majeurs ont contribué à la présence de The Climb dans la section Un Certain Regard. Mais le choix se révèle judicieux: un de ces moments de détente sans prétention qui font toujours du bien au cœur d’une sélection cannoise très intense où résonnent en écho tous les malheurs de notre planète

Le réalisateur Michael Angelo Covino (qu'on retrouve aussi devant la caméra avec Kyle Marvin, amis de 10 ans dans la « vraie » vie et épatants comédiens) dit s’être beaucoup inspiré du cinéma français pour ce premier long et cite d’ailleurs à l’écran le trop peu connu Le Grand amour de Pierre Etaix, projeté dans un cinéma. Mais c’est aussi à Woody Allen qu'on pense beaucoup dans cette bromance où humour et sensibilité font bon ménage. Notamment dans ces dialogues bien sentis que s’envoient à la figure ses deux personnages principaux, Mike et Kyle. Deux amis d’enfance unis par un lien sans nuage jusqu’à ce que le premier annonce au second qu’il couche avec sa future fiancée. Cette scène d’ouverture - où les deux personnages escaladent donc en danseuse le col de Vence - donne le ton du film. Avec The Climb, Covino explore les méandres de l’amitié dans un mélange permanent de gravité et d’éclats de rire. Et s’aventure sur des chemins balisés en multipliant joyeusement les sorties de route. Avec la belle idée de montrer la toxicité que peut avoir une amitié trop forte quand l’un essaie de faire le bonheur de l’autre à tout prix, y compris en écartant les femmes avec qui celui- ci veut se mettre en couple au motif qu’elles ne seraient pas assez bien pour lui.

Alors certes le récit souffre ça et là de trous d’air. Mais Covino maîtrise l’art du tragi- comique de situation et sait pimenter ses scènes de dîner familial de saillies bien vachardes contre la future mariée, vue comme l’ennemie. Le tout sans la moindre facilité misogyne mais en donnant à l'inverse une vraie place pleine de nuances à l’élue du cœur de Kyle (Gayle Ranking, géniale), jamais réduite – bien au contraire – au seul rang d’empêcheuse de tourner en rond. Dans une journée riche en sommets (Douleur et gloire, J’ai perdu mon corps, Rocketman….), cette comédie émouvante et sans prétention réussit à trouver sa place.

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Rédigé par Michael

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Publié le 18 Mai 2019

Dexter Fletcher filme la vie "officielle" d’Elton John à la façon d’une comédie musicale du West End, et c’est surexcitant.

Les biographies de stars, qu’elles chantent du rock ou pas, se divisent en deux grandes catégories : les "autorisées" et les "non autorisées". Rocketman, produit par Elton John, se range d’emblée dans la première catégorie, la biographie officielle, validée par leur sujet lui-même. Qui a accepté donc qu’on le mette en scène comme le narrateur de sa propre dépression, de son propre narcissisme et de ses addictions diverses – le film est raconté au cours d’une séance entre alcooliques dans une clinique où le chanteur, travesti comme un démon, se met peu à peu à nu et raconte sa carrière fulgurante. L’enfance, le père qui s’en va et la mère indifférente, la rencontre avec le piano et avec son parolier Bernie Taupin, puis la gloire planétaire, la drogue, l’homosexualité, tout y passe, jusqu’à l’épiphanie et la promesse de se pardonner à soi-même pour avancer. Soit ça, soit le suicide et l’autodestruction. Bref, le programme classique d’une star du rock d’après-guerre. Mais ce qui fait le prix de Rocketman, c’est que le film assume pleinement son statut de biopic pop et devient une comédie musicale authentique, où les acteurs chantent eux-mêmes des versions réorchestrées des tubes d’Elton lors d’électrisantes séquences dansées, justement kitsch et follement divertissantes.

Rocketman possède toute la flamboyance la joie qui manquaient à Bohemian Rhapsody, la comparaison avec ce dernier est inévitable puisque le réalisateur Dexter Fletcher a terminé le biopic de Freddie Mercury à la place de Bryan Singer. Mais Fletcher avait aussi tourné Eddie the Eagle, biopic pas terrible sur un skieur anglais nul à lunettes, interprété par Taron Egerton : ce dernier incarne avec un charme et une énergie folles un Elton John arlequin, vortex autour duquel tourbillonne les tout aussi charmants et énergiques Jamie Bell (le parolier Bernie Taupin), Richard Madden (le manager/amant roublard John Reid incarné en moins requin par Aidan Gillen dans Bohemian Rhapsody)…

A la façon d’une comédie musicale du West End transformant sa matière musicale en énergie scénique pure (le film est d’ailleurs écrit par Lee Hall, qui a adapté Billy Elliott sur scène avec une musique d’Elton John),Rocketman ne cherche pas finalement pas une quelconque vérité sur Elton John, mais la beauté et la joie, un peu dans la lignée de ce que voulait faire Clint Eastwood avec Jersey Boys. Si l’on voit les mécanismes, mais c’est également l’un des traits des musicals de nous montrer qu’au cinéma tout est mécanisme, ordonnance, machinerie, chorégraphie.

Présenté hors compétition au 72ème Festival de Cannes, Rocketman est en salles le 29 mai

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Rédigé par Michael

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Publié le 15 Mai 2019

Le producteur David Furnish (le mari d’Elton John) ainsi que le réalisateur Dexter Fletcher et la star Taron Egerton ont tous assuré au public que, contrairement aux rumeurs, le film n’atténuerait aucunement les éléments de l’histoire d’Elton, y compris sa sexualité. 

Ce nouvel extrait  montre Elton John et son futur petit ami / manager John Reid (Richard Madden) lors de leur première rencontre.

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Rédigé par Michael

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Publié le 14 Mai 2019

Ammonite: première image de Kate Winslet et de Saoirse Ronan en amoureuses lesbiennes

Le réalisateur du prochain drame romantique Ammonite a publié la première image officielle de Kate Winslet et de Saoirse.

Ammonite racontera l’histoire de la paléontologue de l’époque victorienne, Mary Anning (Winslet), tombée amoureuse d’une jeune femme, Charlotte (Ronan).

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Rédigé par Michael

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Publié le 14 Mai 2019

Le passage très graphique présent dans le roman de Stephen King ne pouvait pas être laissé de côté selon le scénariste du film.

Comme dans toutes les œuvres de Stephen King, Ça ne manque pas de passages horrifiques et dérangeants. Dans ses descriptions brutales des crimes commis sous l’influence de Pennywise (Gripsou en version française), l’auteur de Shining et du Fléau avait notamment choqué en dépeignant l’assassinat d’un jeune homosexuel. Une scène d’une importance primordiale selon le scénariste Gary Dauberman, bien décidé à l’adapter à l’écran.

"C’est une scène iconique du livre et nous avons décidé de l’inclure dans le film. C’est la première attaque dans le Derry d’aujourd’hui et cela montre ce que la ville est devenue", explique-t-il dans une interview à The Hollywood Reporter. Poussé du haut d’un pont par trois adolescents homophobes puis dévoré par Pennywise, le jeune Adrian Mellon sera incarné par Xavier Dolan dans le film d’Andy Muschietti. "C’est l’influence de Pennywise, même lorsqu’il est endormi, et ce qui arrive à Adrian est tout simplement horrible. Il était important que nous montrions ces brutes qui agissent sous la coupe de Pennywise", ajoute-t-il.

Cet élément déclencheur des violences dans la ville Derry ne sera pas le seul élément de commentaire social dans le film de Muschietti. Le réalisateur du premier chapitre introduira également la thématique de la violence domestique, rattachée au personnage de Beverly (Jessica Chastain). La promesse d’une œuvre plus sombre et horrifique que le premier volet, dont la sortie est prévue le 18 septembre prochain.

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Rédigé par Michael

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Publié le 14 Mai 2019

Sacré meilleur film aux Teddy Awards de Berlin en 2018, « Hard Paint », du duo brésilien Filipe Matzembacher et Marcio Reolon sort enfin en salles en France. À ne pas manquer !

Komitid vous avait déjà prévenu, Hard Paint, nouveau film du duo brésilien Filipe Matzembacher et Marcio Reolon (Beira Mar, The Nest), récompensé aux Teddy Awards berlinois en 2018, est un chef d’œuvre. Film sublime, simple et direct, Hard Paint est une explosion de couleurs et de musiques transcendée par une réelle vision politique de la violence subie par les minorités. Voici quelques bonnes raisons de vous précipiter en salles le 15 mai !

Un film sensible et politique

Solitaire, fuyant le lien social, Pedro trouve son salut sous le pseudo de « Garçon Néon » sur un site de chat via webcam. Là, il s’exhibe à la vue des internautes-clients magnifiant son corps et ses mouvements par des peintures fluorescentes et des effets de lumière. Sa rencontre avec un camboy rival, Léo, un danseur qui lui aurait piqué son concept de jeux de peinture, va ouvrir en lui un nouveau champ des possibles. À travers le parcours de Pedro et de Léo, c’est toute la violence de la société brésilienne contre les minorités qui est donnée à ressentir plus qu’à comprendre. Le travail des deux réalisateurs sur les corps, physiques et sociaux, sur la dureté de l’environnement, de la ville (celle de Porto Allegre au sud du Brésil, une ville qu’on quitte) rappellent les grandes heures du « new queer cinema ». Ce travail dessine les contours d’un cinéma brésilien affirmé, politique qui avait vu venir la radicalisation politique en place quelques mois après le tournage du film. Un geste de cinéma brut et politique.

Une recherche esthétique cinéphile

Si le film développe sa propre esthétique des lieux (intérieurs dépouillés aux couleurs passées que sauvent les jeux de peinture et de lumière noire, rues d’une ville en pleine crise sociale, lieux de fête idéalisés comme des îlots de liberté), les cadres, les palettes de couleurs et les atmosphères rappellent de nombreux maîtres du cinéma queer. On peut penser à Derek Jarman, à Rainer Fassbinder ou même à Xavier Dolan. Les deux jeunes cinéastes, que Komitid a interviewés, revendiquent une vraie cinéphilie et de nombreuses influences européennes et développent un univers personnel qui n’a pas peur de montrer les corps, le sexe, et sa possible marchandisation comme les rares échappatoires face à une société violente et en déliquescence. La violence de cette société est elle aussi présente à chaque instant que ce soit lors du parcours judiciaire de Pedro, ou lors de confrontations inattendues au détour d’une soirée ou d’un flashback de quelques secondes. Mais l’autre personnage principal du film, c’est la musique. La bande-son qui alterne groupes électro indé brésiliens et titres plus internationaux est un vrai bijou, à découvrir sur Spotify.

Ces choix musicaux précis collent à la perfection aux ambiances, au propos et ajoutent à la singularité de la mise en scène qui fait la force incontestable du film. À titre d’exemple, le dernier plan du film, sans autre son que le sublime titre d’Anohni, Drone Bomb Me, est l’un des gestes de cinéma les plus purs, les plus beaux, les plus simples et signifiants qu’on ait vu depuis longtemps.

Par  pour Komitid

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Rédigé par Michael

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Publié le 11 Mai 2019

Renée Zellweger nous emmène "Over the rainbow" dans le premier trailer de Judy.

L' actrice de Chicago  s'est transformée en Judy Garland pour le prochain film biographique de la dernière icône gay.

Dans la bande-annonce, Zellweger, qui interprète elle-même les chansons du film, fait une interprétation déchirante du classique "Over the Rainbow". 

Judy, adaptée de la comédie musicale End of the Rainbow de Peter Quilter, retrace les shows de Judy Garland à Londres au club Talk of the Town de 1968 et 1969.

Zellweger a confié à People, lors d'une récente interview, qu'elle passait deux heures par jour à se maquiller, à porter des perruques et à porter des lentilles de contact afin de se transformer en Judy Garland.

«Ce fut une si grande joie d'apprendre la magnificence de cette personne», a-t-elle déclaré. «Je l'ai toujours admirée. Elle était si rapide et si drôle"

Judy, qui sortira le 27 septembre US.

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Rédigé par Michael

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