Les romances lesbiennes à Cannes

Publié le 19 Mai 2015

Carol, La Vie d'Adèle, Mulholland Drive : les romances lesbiennes à Cannes

Petit tour d'horizon des romances féminines cannoises les plus marquantes.

Après les triomphes de Mulholland Drive et de La Vie d'Adèle sur la Croisette, Carol, en compétition cette année, rappelle que Cannes et les aventures amoureuses entre femmes ont souvent fait bon ménage. La preuve par 8 films ou séquences lesbiennes d'anthologie.

 Les romances lesbiennes à Cannes

Thelma et Louise de Ridley Scott (1991)

Thelma et Louise n'est pas un film lesbien à proprement parler, mais on aurait tort d'exclure la possibilité d'une romance forte et invisible au sein des aventures folles de ce couple d'amies en cavale. Mais s'il y a de l'amour dans ce road movie, c'est avant tout celui que porteRidley Scott à ces deux femmes qu'il lance à la conquête de l'Ouest dans un brillant plaidoyer pour l'émancipation féminine et la transgression des genres. Culte pour les cinéphiles et les mouvements féministes, Thelma et Louise était le film de clôture du Festival de Cannes en 1991.

 Les romances lesbiennes à Cannes

Basic Instinct de Paul Verhoeven (1992)

Ce thriller érotique incontournable qui a émoustillé la Croisette en 1992 n'est pas avare en scènes de sexes crues et sauvages. Mais ce coquin de Paul Verhoeven a même offert à Sharon Stone, sa sulfureuse mante-religieuse, une courte excursion dans les plaisirs lesbiens. Dans la scène de la boîte de nuit, la terrible croqueuse d'homme danse lascivement avec une autre femme avant de l'embrasser pour rendre Michael Douglas fou de désir. C'est l'un de ces nombreux instants torrides qui parfuma de souffre Basic Instinct avant de propulser Sharon Stones au rang de sex-symbol international. A noter (SPOILER) que les associations LGBT de l'époque virent comme un raccourci simpliste et biphobe le fait que ce personnage bisexuel soit obsédé par le sexe et mentalement déséquilibré. Ce qui avait provoqué de nombreux débats, en plus de la censure autour du film.

 Les romances lesbiennes à Cannes

Tout sur ma mère, de Pedro Almodovar (1999)

Dire que le réalisateur de Volver est un grand amoureux des femmes est un doux euphémisme. Chacun de ses films est un prétexte pour les croquer avec une infinie délicatesse, mettre en scène leurs désirs, leurs espérances, leurs galères et bien sûr... leurs sexualités. Tout sur ma mère suit le parcours d'une mère en deuil, qui pour oublier la mort de son films, tente de retrouver le père de ce dernier. Ce film sur la tolérance et la recherche d'identité sexuelle évoque aussi la relation d'une actrice de théâtre lesbienne désespérée face à l'addiction de son amante pour les drogues dures. On y croisera aussi des transsexuelles et des séropositives. Des personnages qu'on ne voit pas si souvent à Cannes et qu'Almodovar a su traiter avec beaucoup de subtilité. En compétition, Tout sur ma mère est reparti avec le prix de la mise en scène en 1999.

 Les romances lesbiennes à Cannes

Mulholland Drive de David Lynch (2001)

Deux (jolies) filles rêvent leur vie. Il y a des complots, des mondes mystérieux, des jeux de piste et des traversées du miroir. Avec ce chef d'oeuvre tortueux, Lynch regardait Hollywood à travers un prisme fantasmatique et offrait surtout (à Cannes mais pas seulement) une des scènes de sexe saphique les plus excitantes vues au cinéma. Schizo et parano, grisant et vénéneux, le film était surtout une orgie sensuelle avec comme sommet le moment de tension entreNaomi Watts et Laura Harring. Mulholland Drive a reçu le prix de la mise en scène à Cannes en 2001.

 Les romances lesbiennes à Cannes

Vicky Cristina Barcelona de Woody Allen (2008)

Deux jeunes et jolies Américaines au tempérament opposé débarquent en Espagne faire la tournée des vieilles pierres et, pourquoi pas, tâter de l’étalon espagnol. La blonde et la brune rencontrent un chaud Latin, artiste peintre qui ne demande qu’à les croquer, tout en ayant encore pas mal de trucs à régler avec son ex, une brunette non moins sexy. Avec cette histoire de quadrille amoureux, Woody Allenretrouvait toute sa sève ; avec une ardeur digne d'un étudiant Erasmus, il regardait Scarlett Johansson et Penelope Cruzs'emballer dans des scènes à la jouissance et à la sensualité contagieuses. Vicky Cristina Barcelona a été présenté à cannes hors-compétition en 2008

 Les romances lesbiennes à Cannes

Passion de Brian de Palma (2012)

Difficile d'oublier dans cette sélection le dernier film en date de Brian De Palma qui a été présenté au marché du film à Cannes en 2012. En retournant à ses obsessions habituelles, le réalisateur maniaque et virtuose de Scarface et de Blow Out a filmé, dans Passion, la relation charnelle particulièrement malsaine d'une employée et de sa boss. Alors qu'elles travaillent toutes les deux au sein d'une multinationale, elle se livrent à un jeu de manipulation à l'imaginaire saphique enflammé et au dénouement périlleux. Ce thriller SM aux allures de giallo a finalement été sélectionné à Venise en compétition officielle.

 Les romances lesbiennes à Cannes

La Vie d'Adele, d'Abdellatif Kechiche (2013)

C'est la comparaison que tous les journalistes faisaient hier matin : Carol n'a rien à voir avec Adèle, mais la dernière fois qu'on a vu une scène lesbienne dans l'amphithéâtre Lumière, c'était dans le film de Kechiche. Dans ces 7 minutes où elles passaient par tous les stades de l'amour. Ca baise, beaucoup intensément, viscéralement, mais surtout ça se regarde. EtKechiche signait d'abord une love story intense concentrée autour du regard. C’est ce regard qui structure toutes les scènes, y compris celles de cul, ce regard qui fait ou défait la bulle qu’elles occupent au milieu des autres, ce regard qui devient à la fois l’enjeu de la mise en scène et son principe actif. Quand les deux actrices cessent de se regarder, que le film les sépare, il y a un vide physique, une béance, un manque terrible, obsédant, y compris pour le spectateur. Vrai film d’amour fou, lyrique et puissant, le film repartait avec la Palme d'Or.

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Carol de Todd Haynes (2015)

Le nouveau film de Todd Haynes (Velvet Goldmine, I'm Not there), en compétition cette année, a été présenté hier à Cannes. Cate Blanchett y incarne une femme séduisante prisonnière d'un mariage de raison dans le New York des années 50. Sa rencontre avec Therese (Rooney Mara) la jeune employée d’un grand magasin de Manhattan va peu à peu se muer en une attirance mutuelle plus qu'amicale. Mais le piège des conventions risque fort de compliquer leur relation...

source première

Rédigé par Michael

Publié dans #cannes 2015

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