Sortie ciné ; We the Animals

Publié le 17 Mars 2019

En salles depuis ce mercredi, We the animals est une jolie pépite indé américaine, repérée à Sundance et à Deauville et réalisée par Jeremiah Zagar.

Adapté d’un roman autobiographique de Justin Torres paru en France sous le titre Vie animale, le film nous plonge dans les années 90 auprès de Jonah, petit garçon, cadet d’une fratrie de trois, qui commence, très jeune à se sentir différent. 

Le propos du film est extrêmement sensible et a rarement été vu traité comme ça au cinéma. Le très jeune Jonah, qui fait les 400 coups avec ses deux grands frères dans une petite ville industrielle américaine, tout près d’une forêt, n’est pas comme les autres, il le sait, il le sent.

Le film se concentre sur la dynamique de cette petite vie de cette famille. Elle parvient tant bien que mal à joindre les deux bouts et à préserver quelques moments de bonheur familial malgré les nombreuses tensions entre le père (interprété par Raul Castillo, inoubliable Richie de la série queer Looking sur HBO) et la mère. Mais il met au cœur de son intrigue les questionnements du jeune garçon, qui, après avoir vu quelques séquences de porno gay sur une VHS chez son voisin blondinet, tournent à l’obsession.

Séquences animées

Son journal intime qui se matérialise dans le film par de magnifiques séquences animées apporte au film une dimensions supplémentaire. Ces croquis griffonné dans un style simple qui rappelle un peu les dessins de Basquiat offrent de magnifiques séquences où se mêlent émotion, doutes et onirisme. Dès le générique d’ouverture du film, cette alternance de plans et d’instantanés dessinés, on est saisi par la force visuelle du film, au son de percussions, de cris, d’un vent violent de liberté. 

La presse a vite fait de faire de We the Animals, le Moonlight de l’année. On reconnaîtra au passage cette fâcheuse habitude, inconsciemment homophobe, de nombreux critiques cinéma qui est celle de qualifier chaque histoire d’amour gay un peu campagnarde de nouveau Brokeback Mountain. Ou comme ici, l’histoire d’un enfant, latino, qui découvre son homosexualité ne pourrait être qu’un nouveau Moonlight.

 

We the Animals, qui a été tourné en pellicule 16 mm pour avoir ce grain que seul ont les souvenirs, appartient plus à un cinéma actuel qui se situe à la lisière du réalisme magique. Le film est bouleversant sur le fond et visuellement très fort, il a la vigueur, la noirceur et la force des non-dits. 

Source Komitid par 

 

Rédigé par Michael

Publié dans #sorties cinéma, #cinéma gay

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